(42) LoireRhinoJazz(s)

12/10/2019 – Moutin Blowing Quartet au Rhinojazz(s) : 2²

Ludovic Chazalon, le directeur artistique du RhinoJazz(s) explique en introduction la genèse de ce projet qui est le fruit d’une classique rencontre lors d’une jam à Clermont Ferrand, il y a déjà trois ans, entre les frères Moutin et deux jeunes soufflants. C’est bien dans l’esprit du Rhino que de développer ce genre d’initiative. Il s’agit ce soir de l’Acte 2 de la résidence des Moutin au sein du RhinoJazz(s).

Ainsi ce soir les jumeaux partagent la scène avec deux saxophonistes Franck Pilandon (ténor) et Gaspard Baradel (alto) d’où le nom du projet « Moutin Blowing Quartet ».

Dès le premier morceau, MRC une composition de François Moutin, on vérifie que le quartet ne manque pas de souffle. Louis lance les hostilités sur un tempo échevelé vite suivi par François à la contrebasse. Puis les deux soufflants entrent en jeu. Deux gros chorus d’emblée, très applaudis. Le ton est donné on va passer une belle soirée de jazz ici.

La seconde composition, toujours de François, Echoing est entamée par un solo de contrebasse où Louis vient se joindre aux balais. Les sax s’invitent tout calmement et c’est bien ainsi.

C’est au tour de Louis de proposer une composition, Dragon fly. Comme souvent les jumeaux commencent en duo. Ils s’amusent, Franck vient placer son grain de sel ce qui fait sourire et acquiescer François. Batterie et contrebasse sont fusionnelles sans même que les deux musiciens n’échangent de regards. Mais ils se connaissent depuis si longtemps ! Puis les sax se lâchent, séparément puis ensemble, ça grimpe fort, ils s’envoient des citations, ils embrayent dessus, se séparent à nouveau, c’est cuisiné « maison » là sous nos yeux. Les jumeaux se régalent.

Quand Gaspard prend un solo les jumeaux ont ensemble des signes d’encouragement pour le benjamin de l’équipe.

Gaspard Baradel jusque là assez sage, se lâche d’un coup et nous envoie du bois. De la saine émulation. Las, Louis ne s’en laisse pas conter et repars sur un solo de batterie à mains nues… ça dure … jusqu’au final ahurissant de vélocité. 

Pendant près de deux heures ce sera partage, fusion, générosité. Nous, dans le public nous en prenons plein les mirettes et les oreilles. Nous goûtons notre plaisir, conscients d’assister à une belle page du grand livre du jazz, de celle où nous pourrons dire « j’y étais ».

Ces Moutin ont le chic pour trouver de nouvelles pistes et s’associer à de jeunes talents. On se souvient qu’ils ont été les premiers à constituer un trio avec le tout jeune Tigran Hamasyan (déjà sur le Rhinojazz(s), en octobre 2007, voir ici) ou à tourner avec Anne Sila bien avant que The Voice ne nous la pique. Ce soir, c’est à un événement d’importance que nous avons assisté.

Louis Moutin: batterie ; François Moutin: contrebasse ; Gaspard Baradel: sax alto ; Franck Pilandon: sax ténor

Ont collaboré à cette chronique :

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