(42) LoireRhinoJazz(s)

15/10/2019 – Organic Trio à l’Auberge Laffont de Dargoire pour le Rhinojazz(s)

Les soirées du RhinoJazz(s) se suivent sans jamais se ressembler, c’est bien ici l’un des atouts de ce festival.

Rendez-vous est pris ce soir dans la charmante auberge de Dargoire, pour un concert placé sous le signe de la solidarité. En effet, la recette du jour sera entièrement reversée à l’association Une Goutte pour le Faso, laquelle se démène depuis bientôt vingt ans pour maintenir un soutien humanitaire de proximité dans deux villages déshérités de l’Afrique sahélienne, Kota et Koussiba. Soutien à la scolarisation, au développement et à l’autosuffisance alimentaire sont les principales missions menées par l’association en direction des deux bourgades burkinabées. Après le mot d’accueil du président Gérard Lyonnet puis celui de l’attachante aubergiste Yvette Laffont, place à la musique.

On retrouve avec grand plaisir au sein de l’Organic Trio trois représentants de la fine fleur du jazz stéphanois, trois musiciens émérites présents par ailleurs dans de multiples formations régionales. Aux baguettes, Francis Decroix, membre notamment des Po’Boys, un joyeux brass band à géométrie variable qui remet au goût du jour les défilés façon Nouvelle Orleans. Au double-clavier, Camille Mouton qui, en marge de son ASAP Quartet vient également de composer un spectacle pour jeune public, « Melodia y Ernesto », voyage initiatique de Cuba à New York mettant en scène une marionnette, un comédien et trois musiciens. Enfin, aux saxophones, Ludovic Murat, qu’on ne présente plus mais qui, qu’on se le dise, prépare avec l’association Gaga Jazz l’ouverture prochaine d’un vrai club de jazz à Saint-Etienne, le SOLAR…

Organic Trio distille des compositions originales bien senties, se réappropriant également quelques standards piochés dans le répertoire de Jimmy Smith ou de Jimmy Mc Griff. Les trois jazzmen entretiennent une relation quasi poétique avec le groove. Le son est chaud, direct, à portée d’oreille. Ludo se « dé-anche » à moins d’un mètre des spectateurs du premier rang. Francis retient ses coups pour délivrer des tourneries savamment construites. Avec les sonorités de l’orgue, Camille apporte quant à lui une couleur toute particulière à l’esthétique du groupe. On apprécie les touches de funk et les rasades de boogaloo.

Bien que la soirée ait été annoncée complète, la salle n’est étonnamment qu’à demi-pleine suite à un bug dans le système de réservation du festival.

Dommage. Les musiciens comme l’association auraient mérité un public plus fourni.

Ont collaboré à cette chronique :

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