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16/10/2019 – Emile Parisien Quartet au RhinoJazzs à Oullins

C’est toujours un moment sympathique que l’idée d’un concert avec Emile Parisien. On le retrouve ce soir en leader avec son quartet. Il nous rappelle que cette formation existe depuis quinze ans. Incroyable ils sont tous si jeunes !

Le répertoire annoncé est issu de l’album « Double Screening » et est entièrement inspiré par notre rapport irréversible avec les écrans et le monde digital. Du jazz de geeks quoi !

Mes voisins se moquent de moi et de mon smartphone toujours greffé à ma main gauche !

Le concert débute avec Double screening (ici la version « 2 » si l’on se réfère à l’album) écrit par Julien Loutellier, le batteur, ça me fait penser à ces vieux cartoons où le chat galopait derrière la souris malicieuse sans jamais l’attraper. Les balances ont dû bien se passer car les quatre musiciens (ceux de l’album) sont d’emblée complices et ça tourne rond de suite.

On reste dans l’univers d’internet avec des courts morceaux les « Spams ».

Spam #1 Julien Loutellier bruite sur sa batterie avec des objets animés genre toupie ou autres. Ivan Gélugne fait de même à l’archet. Julien Touéry d’habitude pianiste est au bol tibétain.

Emile annonce ensuite une mini suite : Ashtag 1, 2 et 3

Le #1 est très débridé et puissant. Le #2 calme les ardeurs Julien Touéry est tout en nuances et douceurs au piano. La rythmique donne des « faux » rythmes. Cette suite  est prétexte (comme les autres morceaux) à de belles prises de paroles de chacun et à des digressions bienvenues.

Arrive un nouveau spam le #2 écrit par Ivan Gélugne. Très court une sorte de haïku.

Suit une autre composition de Ivan Gélugne Algo avec une introduction toute calme au soprano solo, et le son velouté caractéristique d’Emile Parisien. Il prend son temps. Les silences sont éloquents. Il nous transporte et déjà ses comparses arrivent. C’est une nouvelle fois très débridé et serein à la fois.

Dernier morceau Malware invasion de Julien Loutellier. Après les cartoons on passe à Pac-Man. Julien Loutellier nous propose un étonnant solo sur une seule cymbale exploitée sur toutes ses « faces », malheureusement esquinté par l’éclairagiste qui espérait suivre la musique avec ses feux mais se retrouvait souvent à contretemps.

Rappel sur Daddy long legs de Julien Loutellier, un dernier thème encore enjoué, du genre à filer la banane (version Picasso).

Ont collaboré à cette chronique :

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