(42) LoireRhinoJazz(s)

18/10/2019 – Hugh Coltman « Who’s Happy » au Rhinojazz(s)

Le Rhino est dans ses murs pour nous accueillir dans la salle Aristide-Briand. Face à nous, sous le visuel projeté et les R.H.I.N.O. trônant en fond de scène, le sol est déjà bien occupé : un saxophone baryton, une clarinette, deux guitares, une batterie, un piano, des micros, quelques amplis et autres retours sans oublier six ampoules et une poignée de projecteurs judicieusement répartis… Le show s’annonce aussi soigné que celui que nous vécûmes à Crest cet été. C’est désormais au tour de Saint-Chamond de se parer des atours de La Nouvelle-Orléans ! 

Le batteur canadien Karl Jannuska démarre seul. Le Français Laurent Coulondre s’installe au piano droit. L’Américain Freddy Koella prend sa guitare. Chaussures et pantalon noirs, chemise blanche et veste moirée grise, mèche rebelle et barbe de trois jours, le chanteur anglais Hugh Coltman attaque le premier couplet de Civvy Street. Les Français Frédéric Couderc à la clarinette et Julien Ecrepont à la trompette s’alignent à jardin avec l’Américain Jerry Edwards au trombone alors qu’à cour, le Français Jonas Real  s’empare de son imposant sousaphone. Introduit par Frédéric à la clarinette, The Sinner nous offre des soli de trompette et trombone bouchés puis de guitare. « Dédié » au président américain, Sugar Coated Pill commence par les mots de Hugh et des variations de Laurent sur Star Spangled Banner puis met en valeur Jonas. Un son d’orgue et une trompette bouchée accompagnent, façon reggae cool,  Hugh et Freddy dans Ladybird. Pour It’s Your Voodoo Working, brûlot funky, Hugh a tombé la veste pour distribuer les soli entre Frédéric au baryton et Laurent au clavier en mode orgue. Pendant New Park Street, ouvert en solo par Freddy, Julien arrive de la salle, éclairé par un projecteur tenu par Hugh : effet garanti ! C’est Karl qui donne le swing d’une Caravan s’offrant un bien beau solo de Jerry. Accompagné par Freddie, Hugh se met à la guitare pour chanter  Hand Me Downs  qui a la particularité d’avoir des couplets en français et des refrains en anglais, clarinette et flûte les rejoignent. All Slips Away, dédié à son père, est interprété en douceur, guitares/voix/batterie. Jerry entame le chaloupé Sleep Late poursuivi avec le public qui bat le tempo avant que Hugh ne conclue par une amusante digression parlée. Retour au funk avec Resignation Letter qui fait se lever une partie du public couramiaud. Daydream achève en swinguant ce répertoire tonique et vivifiant face à un public plus qu’enthousiaste. Après de sincères remerciements aux techniciens, aux bénévoles, aux organisateurs et au public « très cool », le chanteur quitte la scène suivi, petit à petit, par les cuivres, le batteur, le guitariste et enfin le pianiste. 

Très motivée, la salle obtient en rappel un instrumental pendant lequel Freddy quitte sa chaise et livre un solo en marchant, guitare à la main, sans l’aide d’une sangle… Respect ! Suit un trépidant morceau façon brassband où Hugh reprend le projecteur d’une main, son micro de l’autre pour valoriser un solo de saxo baryton. On danse, on tape dans les mains, on siffle, on exulte avant une standing ovation plus que méritée. Comme dans l’album Who’s Happy ?, Little Big Man achève sereinement le concert en trio guitare/voix/piano, Hugh Coltman se permettant d’interpréter le dernier couplet en bord de scène, a cappella, sans micro. La grande classe ! 

De nombreuses spectatrices (et quelques spectateurs !) ne rateraient pour rien au monde la séance dédicaces de Who’s Happy ?  à laquelle le chanteur se prête volontiers avec la même authenticité que sur scène, prenant le temps de converser dans son perfect french ! 

Ont collaboré à cette chronique :

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