(42) LoireRhinoJazz(s)

20/10/2019 – Thomas Ibanez Quartet invite Grant Stewart au Fil pour le Rhinojazz(s)

Ce soir on tombe le rideau du RhinoJazz(s) cuvée 2019. Les oenologues du jazz sont formels la cuvée fut bonne !

Et pour ce faire on ouvre une bonne bouteille au Fil, un assemblage des meilleurs crus du bop.

Le public est venu nombreux célébrer cette dernière soirée. Ça fait chaud au cœur de voir qu’on est obligé de rajouter des fauteuils.

Le saxophoniste Thomas Ibanez s’est fait plaisir et a monté une tounée avec son idole : Grant Stewart, saxophoniste ténor comme lui, il sévit à New York et a un paquet d’étiquettes au compteur. Il s’est également entouré de valeurs très sûres, le contrebassiste Fabien Marcoz et le batteur Bernd Reiter vu cet été au superbe concert de saxophonistes « Don Menza & Ralph Moore Septet » au château de Clermont (voir ici). Ce dernier a amené dans ses valises le jeune pianiste allemand André Weiß qui n’a pas manqué de nous surprendre par sa maturité de bout en bout du concert. Les cépages choisis sont idoines.

Reste à finaliser l’assemblage. Là pas de souci, on prend les recettes qui fonctionnent, à savoir les standards et on les travaille dans le respect de la tradition ça ne peut pas faillir. Et c’est ce qu’il s’est passé au FIL plus de deux heures durant. Les deux saxophonistes ont distillé leur art et flatté nos oreilles.  La robe est des plus classiques. Un peu de satin, un peu de velours, beaucoup de rondeur. Pas d’agressivité. Une longueur agréable.

Nous avons dégusté près d’une dizaine de standards :  Like This de Barry Harris  ; Hallucinations de Bud Powell ;  I guess I’ll hang my tears out to dry une ballade sirupeuse à souhait ; Amsterdam After Dark de George Coleman que Grant Stewart apprécie tout particulièrement ; Limehouse Blues. Et après la pause : You’n’me de Al Cohn ;  Sweet and Lovely immortalisé par Ella ; Autumn in NY, Ah la version Billie Holiday ! et enfin You de Harold Adamson.

Avec Ludovic Murat, pendant le concert, nous nous faisions la réflexion que ce concert était des plus classiques, d’une belle facture et lui de rajouter « mais regarde la batteur, il joue à l’ancienne, sa technique au charleston est imparable, et quel swing ! » . Effectivement, une leçon.

Il n’ y a pas de mal à rejouer les standards quand on le fait avec goût et un beau savoir-faire.

Avec opiniatreté et persévérance, le jeune Thomas Ibanez arrive à se frayer un chemin dans le monde embouteillé des saxophonistes. Respect !

 

Thomas Ibanez: saxophone ténor ; Grant Stewart: saxophone ténor ; André Weiss : piano ; Fabien Marcoz: contrebasse ; Bernd Reiter: batterie

Ont collaboré à cette chronique :

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