(26) DrômeTrain Théâtre

25/10/2019 – Bloom au Train Théâtre de Portes-lès-Valence

Leur mois d’octobre aura été plein. Aucun des cinq membres de Bloom ne s’en plaindra, bien au contraire. Ce sont autant de signes cumulés qui démontrent, à ceux qui en douteraient encore, que le quintet de jazz vocal, créé par Laurence Ilous et Mélina Tobiana, a percé et bien percé, et qu’il va falloir dorénavant compter sur lui, avec lui et – c’est dit sans cirage – pour notre plus grand plaisir, quasi identique à qui voit grandir (et réussir) un enfant.

« # 1 » – le premier album du groupe – est maintenant sorti, « dispo dans tous les bacs », et on fait bien de se l’arracher. Sa naissance a été fêtée, et même deux fois fêtée : le 4 octobre dernier, d’abord, aux Ducs des Lombards (eh oui, pour certains, ce sont des Rois Mages, pour d’autres ce sont des Ducs…), et puis le 12, au Bémol 5 de Lyon. Fort de ses deux baptêmes, « # 1 » est à présent sur de bons rails..

Le quintet a aussi été invité dans deux « show cases », à Paris, le 15 octobre et puis, plus récemment, au « Jammin’Juan » – Juan-les-Pins, le 23 – là où, traditionnellement, on peut entendre les valeurs sûres et/ou montantes du jazz. Une belle reconnaissance, donc, et surtout très significative.

Pour toutes ces raisons, on avait hâte de regagner le Train-Théâtre de Portes les Valence, ce vendredi 25 octobre en début de soirée.

Bloom s’est beaucoup produit dans le département de la Drôme, depuis sa création et, en remerciement, le département le leur rend bien. Déjà, quelques jours en arrière, « Les Ramières » à Eurre, leur avait ouvert ses portes…

Sur scène, le trio magique – Laurence Ilous, Mélina Tobiana et Léa Castro – allait encore nous donner de très bonnes raisons de nous être déplacés. Toujours épaulées, « au cordeau », par la contrebasse de Martin Guimbellot et les percus de Nils Wekstein. Deux garçons indissociables du trio féminin qui, ensemble, restituent une osmose parfaite musicalement.

Dans la continuité de leur promotion de « # 1 », le quintet aura offert, en live, toute l’expression de leur talent, celui qui a fait que cinq jeunes musiciens soient un jour devenus Bloom.

On savait des filles que leur tessiture de voix, prises individuellement, étaient déjà belles mais, bien que l’on soit averti, on tombe systématiquement sous le charme de la réunion des trois. Il en a été de même sur la scène du Train-Théâtre, une scène sympathiquement particulière, telle que l’avaient voulu Jean Cazenave et ses troupes. Un plateau double avec, en fond, les artistes et puis, très vite, des tables disposées « façon cabaret », à portée de main des musiciens. Et bien sûr, les gradins, des gradins bondés ce soir-là, il n’y avait plus de place disponible…

Côté interprétation, évidemment, « # 1 » aura tenu sa place, dans les deux sets de quarante cinq minutes. Normal, dans une période de promo. Mais Bloom se sera aussi laisser aller à d’autres enchantements, comme ils (elles) en ont le secret.

Bon. Aux réactions de la salle du Train-Théâtre, on peut dire que – ah mince, on va encore manquer d’originalité ! – on peut donc dire que, cette fois encore, le flipper « Bloom » aura fait « tilt » sur son public drômois : la puissance de la grâce dans les voix de Mélina et de Léa répondant à l’harmonie distillée par celle de Laurence, le tout saupoudré d’un humour « mutin » – qui doit cacher, en vrai, une belle humilité – Bloom aura su une fois de plus réunir sur scène tous les ingrédients pour une prestation digne des meilleurs. Et on n’oublie pas pour autant, mais cela tombe sous le sens, la qualité toujours aussi agréable des jeux de Martin et de Nils. C’est une scène entièrement conquise qui aura accompagné le quintet dans ses rappels.

Parce qu’en réalité… lorsqu’au talent musical se rajoute la « belle personne », le coup est imparable. Et qu’on soit clair sur le sens du terme : même si Mélina, Laurence et Léa sont belles à faire se damner un Saint, il est question ici de beauté intérieure, celle qui sublime l’être extérieur, celle qui laisse en extase devant une de leurs prestations. A force de travail, de patience, de talent bien sûr, Bloom a su s’imposer dans ce monde musical où il faut souvent jouer des coudes. Mais il est indéniable que leurs cinq personnalités y aura aussi été pour beaucoup. Certains appellent ça l’aura.

Ce sont plus de cinq cent cinquante personnes qui auront été captées par cette aura-là, vendredi, cinq cent cinquante personnes qui auront, par reconnaissance et leur applaudimètre, restitué un bel hommage à ce petit quintet devenu très grand.

Il paraît que Bloom aime la Drôme. En tout cas, que ses cinq membres sachent que la Drôme les aime.

Et très fort.

Ont collaboré à cette chronique :

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