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27/10/2019 – Ibrahim Maalouf « S3NS » à La Halle Tony Garnier

Le S3NS du partage…

Effet heure d’hiver pour un concert dominical programmé à 19h00 à La Halle Tony Garnier… David Bowie, Diana Krall, Page & Plant : La salle des stars ! Ibrahim Maalouf joue désormais dans cette catégorie… Ne soyons pas « petit joueur », nous non-plus, en route pour la crash barrière : effet bœuf garanti ! 

Effet Danette : à 18H52, toute la fosse se lève en voyant les techniciens déposer les derniers instruments et peaufiner d’ultimes réglages.

Effet Jazz à Vienne, la salle s’éteint à 19h00 pétantes, fait rarissime sous la charpente métallique.

Effet de surprise quand, en voix off, Ibrahim nous annonce la première partie qui vient de signer sur son label Mister Ibé… La Lyonnaise Thaïs Lona et ses trois musiciens nous proposent quatre chansons en mode Soul & Hip Hop et décolleté généreux qui donne du souffle à une voix puissante, aussi à l’aise dans le grave que l’aigu, posée sur les rythmes des claviers, de la batterie et de la basse. À suivre…

Trompette à la renommée fort bien embouchée !

Effet garanti à 19h40 quand les lumières s’éteignent à nouveau et que les musiciens entrent en scène dans un halo bleu strié de faisceaux blancs. C’est parti pour plus de deux heures de partage avec Ibrahim et ses douze musiciens. Dès le deuxième titre, il pose la veste à capuche siglée S3NS pour se retrouver en tee-shirt siglé… S3NS ! Avant le troisième, il nous présente ses musiciens et la longue tournée qui vient de commencer, tout en ayant « une pensée pour la rue libanaise et la rue chilienne » chères à son cœur. Avec Maeva in wonderland, il revient sur le lien qui l’unit à sa petite sœur libano-chilienne. On se livre ensuite à quelques exercices physiques quand tous les gradins se verticalisent avant que toute la salle ne s’accroupisse de bonne grâce pour mieux se relever à la demande du trompettiste. Au piano, il nous livre sa version de La lettre à Elise de Ludwig avant que le public ne devienne la voix du groupe pour Beirut en répondant au piano ou à la trompette. Il invite le duo Féfé et Leeroy pour une séquence rap bien enlevée et communicative, Bla Bla Bla. Thaïs Lona revient pour une chanson accompagnée par tout l’orchestre, elle s’éclate, nous sommes deux fois plus nombreux qu’à l’Olympia ! Après un passage plus calme, les jeunes musiciens amateurs haut-savoyards de Bons-en-Chablais de L’Orchestre à l’école rejoignent les pros. Certes, les trompettistes (de toutes tailles) sont majoritaires, mais d’autres instrumentistes complètent la troupe ravie de jouer devant plus de quatre mile cinq cents  personnes ! Le pupitre des cuivres délaisse son praticable et se retrouve sur la même ligne que le guitariste, chacun y allant de son solo. À 21H30, pour clore le set, Ibrahim conclut une nouvelle présentation de ses musiciens en faisant chanter au public Joyeux anniversaire pour son batteur !

Effet retard quand Ibrahim raconte l’anecdote de sa grand-mère Odette (quatre vingt dix-huit ans) lui racontant sa naissance et son départ en « caricotte » (carry coat) pour présenter Radio Magallanes  qui, comme dans l’album, conclura le concert qui s’achève peu avant 21h50 par d’ultimes remerciements à tous ceux qui ont participé au spectacle : les techniciens, les musiciens du groupe*, les invités. Deux drapeaux,  Cuba à jardin et Chili à cour, nous avaient annoncé les couleurs de ce spectacle qui s’est baladé entre puissance et douceur, énergie et délicatesse, paroles et musiques, partage et convivialité, souvenirs et découvertes. 

Effet d’écho quand en retournant prendre votre tramway, vous sifflotez un thème entendu, qu’un inconnu reprend. Ce sens du partage qui perdure au delà de la salle de concert, Ibrahim Maalouf sait l’insuffler, lui…

*Ibrahim Maalouf: trompette et piano ; Irving Acao: saxophones ; Yacha BerdaAlexis BourguignonRenaud Gensane: trompettes ; Michaël Joussein, Matthias Mahler: trombones ; Denys Danielides: soubassophone ; Abraham Mansfarroll: percussions ; Stéphane Galland : batterie ; François Delporte: guitare, Thierry Fanfant: basses ; Frank Woeste: claviers.

 

 

Ont collaboré à cette chronique :

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