(26) DrômeJazz à Grignan

31/10/2019 – TagadaTsing au Château de Grignan

Les programmations du Château de Grignan, c’est souvent du velours pour les sens. La Galerie des Adhémar, à chaque fois magnifiquement illuminée, a déjà vu défiler beaucoup de grands noms dans son espace…

Jeudi 31 octobre, c’est le quartet TagadaTsing qui avait le privilège de se produire dans ce lieu majestueux à plus d’un titre… ou bien c’est l’inverse….. c’est la Galerie qui avait le privilège de recevoir le quartet TagadaTsing…. oui ! En regard de la prestation, c’était plutôt ça…

TagadaTsing, c’est un quartet qui, d’entrée, joue sur la simplicité. Les instruments ne les encombrent pas sur scène : seule une guitare se montre. En revanche, on ne perd pas au change pour autant : les voix comblent largement cette absence d’outils, et de façon indiscutable. C’est simple : ils en font ce qu’ils veulent…

Il est peut-être temps de faire les présentations « vocales » : Tamara Dannreuther est alto-mezzo, Géraldine Bitschy est mezzo, Hélène Piris est soprano et Simon Reina Cordoba est baryton… Pour la petite histoire, « avant » – mais il n’y a pas si longtemps que ça – Tamara et Géraldine appartenaient déjà à un même ensemble vocal. Très rapidement, elles ont eu envie d’autre chose, et l’idée de la « parodie » est venue elle aussi très rapidement. Les dés étaient jetés… Hélène, puis Simon les rejoindront un peu plus tard. Ils forment aujourd’hui une « team » particulièrement soudée. Mais qui n’oublie pas ses « hommes » de l’ombre, les essentiels : François Robert à la Régie, Thomas Poussin à la Régie-son, et surtout Emmanuelle Mehring à la mise en scène. Parce que oui, les spectacles de TagadaTsing nécessitent une mise en scène, libre tout de même puisqu’Emmanuelle laisse une grosse part d’improvisation à ses poulains…

La galerie des Adhémar a une capacité d’accueil de cent quatre-vingt-deux places. Le lieu se mérite ! Et, par habitude, on sait que les places seront comblées très vite : la qualité de la programmation a depuis longtemps fait ses preuves, c’est en confiance que l’on prend place dans la Galerie…

TagadaTsing a donc eu droit à sa salle pleine, dans cette soirée un peu spéciale puisqu’on « fêtait » les vingt ans d’existence du « Jazz à Grignan ». Mais on aurait pu sans difficulté décupler le nombre des spectateurs… la liesse aurait été la même.

Sur la scène, les morceaux se sont enchaînés a capela. Des standards traités (maltraités?) dans des prestations bourrées d’humour, de faux départs toujours raccord qui laissent deviner une préparation au millimètre. Fever, What a wonderful world… et bien d’autres ont été restitués « à la sauce du quartet », parce que rien ne leur résiste, une sauce qui laisse en bouche beaucoup de frissons. Chacune de leurs interprétations est à elle seule un tableau vivant, une histoire dans l’histoire. Tout est construit, pesé et rendu au public de façon parfaite. Car, en plus d’être des artistes vocaux confirmés, ces quatre-là maîtrisent une bonne dose de comédie, et de danse, dans leurs tripes. Dans le public, on passe par toutes les émotions de l’arc-en-ciel, on est scotchés par la poésie qu’ils dégagent, on rit à leurs traits d’humour – oraux ou visuels – qui se posent ici et là.

Comme on se laisse prendre dans leur tourbillon, on n’a que le temps d’apprécier chaque surprise, sans cesse renouvelée dans la prochaine interprétation. Toujours dans une facilité affichée, et toujours dans cette exactitude mince que procure cette prise de risque. Prise de risque mesurée au « pied à coulisse » qui démontre que, pour un tel niveau de prestation, il faut être fort. Très fort.

Cette force, Tamara, Géraldine, Hélène et Simon nous l’auront démontrée pendant une heure et demie.

La récompense ? Une salle debout, en final, avec des applaudissements à n’en plus finir. Et un quartet qui quitte la Galerie en interprétant un My funny Valentine qui a fait se dresser tous nos poils sur les bras….

A vous revoir en Drôme, TagadaTsing, et très vite encore. D’ici là, les chanceux pourront les retrouver le 17 janvier à Saint-Laurent-de-Mure, les 18 et 19 janvier à Ternay, le 24 janvier à Meyzieu et, plus tard, le 15 mai, à l’Allégro de Miribel…

Ont collaboré à cette chronique :

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