(38) IsèreJazz Club de Grenoble

31/10/2019 – Valentin Conus Quartet au Jazz Club de Grenoble

Ce jeudi 31 octobre, le Jazz Club de Grenoble accueillait le quartet de Valentin Conus, saxophoniste suisse qui partage sa vie entre la Suisse et la Turquie. Il était accompagné de Théo Duboule à la guitare, Blaise Hommage à la basse et François Christe à la batterie. Ces musiciens se sont connus dans la classe de Jazz  à la Haute Ecole De Musique de Lausanne.

Ce sont les compositions de Valentin Conus qui seront jouées ce soir. C’est un jazz contemporain hors des sentiers battus à la croisée des influences du jazz occidental électrifié et de la musique orientale. Pas étonnant de la part de Valentin Conus qui a été formé à la musique contemporaine à Lausanne et qui vit en Turquie.

Le set débute sur une composition de Valentin Conus, Left Behind. On y sent tout de suite l’influence de la musique orientale. Valentin Conus y fait une improvisation au saxophone ténor avec une  réverb qui prolonge ses sons, il y démontre une parfaite maîtrise de l’instrument. Ensuite c’est une longue et belle improvisation du guitariste Théo Duboule où l’on sent l’influence d’un Pat Metheny. C’est au tour de Blaise Hommage de faire chanter la basse, un beau phrasé bien soutenu par les nappes à la guitare et la batterie  de François Christe. Le deuxième morceau c’est Schmolite, une expression suisse pour trinquer ensemble, la fête est déjà en route car ça pulse fort sur ce 12/8. Puis c’est une improvisation au soprano de Valentin Conus, cet instrument colle très bien avec les gammes utilisées. Les musiciens maîtrisent parfaitement les techniques de tension détente lors de leurs improvisations. Le public est captivé par la musique.

C’est au tour d’une belle ballade A little thing in everything d’être jouée par les musiciens, un moment bienvenu après une telle dépense d’énergie. Thème joué au soprano, improvisations à la basse puis à la guitare le batteur utilise des mailloches pour atténuer le son et continuer à faire de cette ballade un beau moment de paix et de sérénité. Fin du premier set sur Vent Contraire, un thème exposé au saxophone ténor avec un intéressant contre chant à la guitare. Lors de l’improvisation au saxophone puis à la guitare qui prend un son de synthétiseur, on dirait un moog, la musique devient musique de transe. Les deux instruments improvisent ensemble comme des cuivres dans le New Orleans en s’inspirant l’un l’autre.

Le deuxième set débute au saxophone ténor, une suite de notes jouées rubato avec un son transformé qu’il fait tourner en boucle, suit une mélodie jouée sur des gammes orientales. Le thème est lui très funky.  Théo Duboule improvise en se servant avec beaucoup d’à-propos de ses pédales de son. Comme  Valentin Conus d’ailleurs qui dans son improvisation exploite aussi les possibilités offertes par les multiples pédales qui sont devant lui, ce n’est plus vraiment un saxophone que nous entendons mais un saxophone synthétiseur qui transforme les improvisations en musique de transe, bien aidé en ça par la rythmique solide et pleine d’énergie de Blaise Hommage à la basse et François Christe à la batterie.  L’image des derviches tourneurs s’impose à nos esprits. 

Sur Double Check, François Christe débute le morceau en tapant avec les manches des baguettes sur le côté des cymbales puis joue des mailloches et des baguettes, une belle introduction de percussions originale avec beaucoup de musicalité. On continue dans le funk avec ce thème où les improvisateurs s’en sont donné à cœur joie.  C’est avec Sallaniyor un thème inspiré par un tremblement de terre en Turquie que c’est terminé ce concert.

Malgré son indéniable  modernité ce jazz étrange, inclassable joué par d’excellents musiciens qui jonglent avec les mesures et les gammes, même les maqam orientales, a été très apprécié par le public nombreux du jazz club de Grenoble.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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