(74) Haute SavoieJazz aux Carrés

08/11/2019 – Seamus Blake French Quartet à Jazz aux Carrés

Le quartet ne vole pas son nom car le saxophoniste Seamus Blake canadien natif de Londres s’est entouré de la jeune garde française du jazz avec au piano Tony Tixier (le plus américain de tous), Gautier Garrigue à la batterie et un « enfant de la région » à la contrebasse : Florent Nisse, que nous retrouvons avec plaisir. Pour cerner le saxophoniste, il est passé par la Berklee School of music et est lauréat du prix Thelonius Monk en 2012, y a pire.

Seamus Blake présente ce soir une partie de son dernier album sorti avec cette équipe : « Guardians of the heart machine » (voir la chronique de Nicole Videmann)
A commencer par Sneaky D, une écriture très personnelle, un jazz « de salon » où l’on se love bien volontiers. D’emblée on remarque les dialogues et échanges avec Tony Tixier qui n’est pas là que pour accompagner son boss. Ce pianiste que l’on avait pu découvrir à plusieurs reprises à Lyon est ici parfaitement employé.
Arrive ensuite Guardians of the heart machine (qui a donc donné son nom l’album), l’intro calme au piano n’augure pas de la présence puissante du sax qui va s’enflammer à grands traits. 
On calme le jeu avec I’m Okay, une ballade très douce et soyeuse qui nous permet d’apprécier le timbre un peu rocailleux du saxophoniste. Florent Nisse nous a offert un subtil chorus accompagné très délicatement par les cymbales et le piano calmissimo. Cette ballade empruntée au brésilien Eddie del Barrio  est un premier hommage à l’un des mentors de Seamus Blake. En effet, ce morceau avait été présenté par le célèbre duo Stan Getz Kenny Barron enregistré en 1991 à Copenhague au Café Montmartre et que l’on retrouve dans le coffret de sept CD « People time ».

Seamus annonce ensuite un hommage à un autre  de ses « Jazz Hero », Benny Golson (quatre-vingt-dix ans cette année et toujours en selle) et ici Along came Betty devient Betty goes to Rio, une samba qui a pris ses distances avec l’original, hormis l’exposition furtive d’un thème, néanmoins l’inspiration bop est bien là, ça pousse!

Fort étonnamment les musiciens quittent la scène après à peine une heure de concert, le temps a filé trop vite.

Heureusement nous aurons un rappel sur un blues de Tony Tixier Blues for real human beings.

Pour le second rappel (et oui le public annécien sait se faire entendre) Seamus nous propose une « courte version » du standard Willow wip for me immortalisé par Billie. C’est rond et sucré à souhait. Interprété avec beaucoup de sensibilité et cela se termine par une note percutante qui surprend tout le monde.

Ont collaboré à cette chronique :

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