(74) Haute SavoieJazz aux Carrés

09/11/2019 – Uriel Herman Quartet à Jazz aux Carrés

Comme souvent à Jazz aux Carrés nous faisons des découvertes. Le quartet de Uriel Herman en est une. Le pianiste israélien qui a tourné dans les plus grands festivals n’était encore jamais passé dans la région (sauf erreur de notre part).

On ouvre donc grand les oreilles et les yeux et on déguste.

Winter light de l’album « Face to face »ouvre le set. Dès les premières mesures le sax d’Uriel Weinberger attaque fort et nous rappelle les « frappés » de Moon Hooch vu à Vienne il y a deux ans.
Arrive ensuite ce qui semble être le passage obligé de maints pianistes israéliens la reprise de Smells like teen spirit de Nirvana. Une entame toute douce au piano, l’arrivée tout aussi subreptice du ténor et de la contrebasse puis de la batterie. Une version très intéressante où le sax délivre une version constituée de longues mélopées.
Suit une composition où l’on change d’univers, les flûtes apportent une tonalité orientale, il s’agit d’un traditionnel que la grand mère d’Uriel lui chantait et qu’il s’est admirablement approprié
Arrive ensuite une reprise très très, mais vraiment très, personnelle de My favorite things où une fois encore le saxophoniste nous surprend. Le standard est prétexte à de riches digressions au piano, en duo avec la contrebasse. Superbe de bout en bout.

On souffle un grand coup avec la ballade attendue et ce sera Ballad for Yael (son épouse)

Uriel nous présente ensuite ce qu’il appelé une rhapsodie, White night est une évocation d’une expérience chamanique que le pianiste a vécu il y a plusieurs années au Costa Rica. Un beau voyage pour nos oreilles. Il laissera à un moment donné la scène à son contrebassiste et son batteur qui improviseront un petit duel façon chat et souris du meilleur effet, ils s’amusent et nous avec. Les quatre se retrouvent et mettent littéralement le feu à la salle qui les applaudit à tout rompre.

Final sur The man who sold the world de David Bowie. Encore une fois il s’agit d’une démarche très symbolique tellement on est loin de l’original, sauf un petit passage au piano.

Chose rare le public annécien est debout et fera revenir le groupe pour deux rappels. Assurément une très bonne pioche pour les programmateurs.

 

Uriel Herman: piano ; Uriel Weinberger: flûtes, saxophones ; Avri Borochov: contrebasse ; Haim Peskof: batterie

Ont collaboré à cette chronique :

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