(74) Haute SavoieJazz aux Carrés

10/11/2019 -Grégoire Maret & Edmar Castañeda à Jazz aux Carrés

Ce concert était l’énigme de la programmation de la dixième édition de Jazz aux Carrés. Pensez-donc, un duo harmonica et harpe, en jazz !

Bon, Grégoire Maret, on le connaît. Il a déjà eu les faveurs de l’AmphiOpéra, mais Edmar Castadeña, encore jamais vu dans le coin.

Les deux musiciens entrent en scène. Le Colombien est tout sourire, il faut dire que les applaudissements de bienvenue sont ici très chaleureux.

Le concert débute avec No fear d’Edmar Castañeda, un premier morceau très enlevé qui nous scotche d’emblée. Je croyais connaître la harpe (enfin un peu) et je découvre une nouvelle version de l’instrument. Tour à tour harpe, guitare, basse, koto, tout ça à la fois. Edmar joue vite, très vite, ça groove sérieux. Il danse le long de son instrument, nous propose des glissando hallucinants. On découvre que la harpe se marie à merveille avec l’harmonica. Il faut dire que Grégoire Maret n’est pas le premier venu. C’est une référence mondiale sur cet instrument, et d’ailleurs il est établi à New York, tout comme son compère. Toujours le pouvoir d’attraction de « Big Apple »

Après ce morceau de bravoure on passe à Hope de Grégoire Maret, une ballade bienvenue.

Sur For Jaco on change de registre. Edmar nous gratifie d’un chorus où il exploite toutes les facettes de son instrument, les cordes sont frottées, pincées, claquées, caressées. La harpe danse avec son maître. Ça crée de la « reverb ». Un spectacle total. Grégoire revient dans le jeu et le duo « déboîte ».

Alternance, Acts débute très calmement… et le restera.

Pour le fun Grégoire « vexé » par l’excellence de son comparse sort le « grand jeu » et son « harmonica XXL à deux étages » le Suzuki SCH-48 à cent quatre-vingt douze trous. Une bestiole de près de soixante centimètres de large. Ce n’est pas un prototype, il existe vraiment (voir ici)

Le duo reprend un morceau d’un autre duo fameux Pat Metheny & Charlie Haden Our spanish love song… juste un moment de grâce.

Nous arrivons trop vite à la fin du concert avec un thème brésilien Santa Morena.

Evidemment il y a un rappel. Ce sera sur Autumn leaves que l’on n’identifiera que vers la fin, nos deux garnements ont bien tourné autour.

Nous sommes à Annecy, quand le public aime il sait en redemander, le second rappel se fera sur Libertango de Piazzola. Là on reconnaît bien le thème.

A l’issue du concert j’ai la chance de rencontrer Micheline, prof de harpe classique à la retraite, qui me confirme que cet Edmar est le meilleur joueur de harpe sud-américaine du monde. Ne pas confondre avec la grande harpe de concert européenne. Là les cordes sont plus rapprochées, moins nombreuses, en nylon ce qui permet des effets de vélocité dont Edmar ne se prive pas. Pas de pédales, ce qui permet de jouer debout. D’où un jeu et un son très différent de ce que nous avons coutume d’entendre, ce qui n’ôte rien au plaisir pris ce soir.

 

Grégoire Maret: harmonica ; Edmar Castañeda: harpe

 

Ont collaboré à cette chronique :

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