(26) DrômeLux

14/11/2019 – Louis Sclavis Quartet « Characters on a wall » au Lux de Valence

Avec sa dernière création Louis Sclavis, poursuit le travail  amorcé en 2002 avec « Napoli’s walls » autour des œuvres engagées du plasticien Ernest Pignon Ernest, pionner du « street art » en France.

Présenté en écho au cinquantième anniversaire d’ECM, ce projet est le fruit d’une amitié artistique  plus que trentenaire poursuivant sa route en France et en Europe arrêtée jeudi soir à Valence où la Scène nationale LUX soutient les créations liées aux images de Louis Sclavis et ce depuis de nombreuses années.

Le projet vise à transformer en rythmes et en émotions sonores huit œuvres picturales d’Ernest Pignon Ernest dénonçant les injustices du monde dessinées au fusain sur des affiches –pochoirs apposées sur des murs dans des lieux de mémoire *.

Ainsi nous découvrons les compositions Jean Genet à Brest, Mahmoud Darwich à Ramallah, La dame de Martigues, l’Heure Pasolini, Rimbaud à Charleville-Mézières, Prisons à Saint Paul autant d’hommages déchirants aux poètes et aux personnes (personnages) engagées ou victimes d’injustices sociales ou artistiques.

Il ne s’agit pas d’illustration sonore des œuvres insiste Louis Sclavis mais plutôt d’une recherche du mouvement pour partager des émotions avec le public.

L’écriture est soignée, comme toujours chez Louis Sclavis et très bien mise en évidence par les talents de ses compagnons- musiciens : Benjamin Moussay au piano, compositeur de Shadow and lines, Christophe Lavergne à la batterie et Sarah Murcia à la contrebasse par ailleurs associés à la création. Nous retenons en particulier L’Heure Pasolini, La dame de Martigues et le rappel Extases alliant la puissance du quartet et la sensualité des solos de Louis.

Mention spéciale au public venu nombreux malgré les intempéries hivernales de la Drôme et bien sûr à Louis Sclavis artiste en perpétuelle recherche créative et toujours profondément humain.

 

*Voir le documentaire Si je reviens consacré à Pasolini du collectif Sikozel et l’exposition Ecce Homo au Palais des Papes à Avignon jusqu’au 29 février 2020.

 

[NdlR : en raison des importantes chutes de neige ce soir-là, notre photographe prévu, Michel Blecic a été empêché et nous utilisons en guise de bandeau une photo de nos archives à Vaulx-en-Velin en mars 2019]

Ont collaboré à cette chronique :

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