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17/11/2019 – MN BigBand « Voyage Intérieur » au Fil pour GagaJazz

Après la chronique réjouissante de Pascal Derathé concernant  le concert du MN Big Band au Hot Club il est difficile d’en rajouter mais disons simplement que nous partageons pleinement cette jubilation, cette sensation que l’on a parfois tout au long d’un concert d’assister à un événement.

Le MN Big Band existe depuis 2011, avec une constante dans l’effectif, qui mérite d’être soulignée et qui explique, en partie, le niveau de rigueur dont fait preuve ce collectif dans sa production. « Voyage Intérieur » est issu d’une réflexion sur ce qui conduit l’être humain d’un point à un autre de son histoire en fonction des interactions entre l’en-soi et le hors de soi, les proches, les rencontres, les gens, les modes de vie différents, les paysages, les voyages dans leur confrontation à l’intime. Ces différentes expériences ont donné naissance à des morceaux de musique écrits et rassemblés, en fonction de ce thème du voyage intérieur, par Matthieu Notargiacomo (MN). Leader, compositeur et arrangeur il s’exprime également aux saxophones alto et soprano. A ses côtés on trouve : Rémi Jacquet, saxophone baryton, Vincent Périer, ténor et clarinette, Jean-Alain Boissy, ténor et flûte, Julien Bertrand et Baptiste Sarat, trompette et bugle, Franck Boyron et Félix Edouard, trombones. A cet ensemble où chaque pupitre est remarquablement bien tenu, on trouve une section rythmique tout aussi performante avec Rémi Ploton, piano, Brice Berrerd, contrebasse et Francis Decroix, batterie.

Clin d’œil à Billy Strayhorn et Duke Ellington, le premier set commence avec Take the D Train, 4ème mouvement de la suite April in New York qui clôt l’album sorti la veille en même temps que le concert du Hot Club de Lyon. Les paysages d’hiver défilent Au Fil du Saint-Laurent. Labyrinthe et Raz de Marée introduisent Voyage Intérieur 2, joué de manière très inspiré par le trio rythmique seul, suivi de À Bord du Transsibérien qui raconte en trois parties les grandes étapes du parcours, Chine, Mongolie, Russie. Le second set s’ouvre avec Nola, joyeuse fanfare orléanaise, se poursuit avec l’introspectif Confession, Voyage intérieur 1, merveille de duo baryton trompette, et Voyage intérieur 4, le concert s’achève avec Nonna qui évoque tour à tour Luigi Nono, l’opéra italien, Federico Fellini et la chanson italienne avec une mesure et demi de Come Prima pour la nostalgie. Les différents mouvements de la suite Voyage Intérieur ponctuent l’ensemble comme des points de flexion et de réflexion où chaque soliste livre un peu plus de lui-même qu’il n’est coutume, à travers des thèmes d’une intériorité grave parfois mais toujours dynamique. La cohésion du groupe est rigoureuse et l’écoute intense, le résultat c’est de la musique, rien d’autre que de la musique, « de la musique avant toute chose » disait Verlaine en parlant de la poésie ; de poésie le MN BigBand et son leader-compositeur-arrangeur n’en manquent pas et c’est là, au sens d’effet magique, tout leur charme.

Ont collaboré à cette chronique :

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