(69) RhôneAuditorium de Lyon

18/11/2019 – Bobby McFerrin à l’Auditorium de Lyon

Difficile avant un concert de Bobby McFerrin de savoir sur quel pied on va danser ni avec quelle corde vocale on va être ficelé tellement ce chanteur acrobate de la voix aime surprendre son public en multipliant  formules et performances toujours en laissant une grande place à l’improvisation. Après la formule exclusivement vocale avec Gimme 5 utilisée l’été dernier pour la tournée des festivals (le 2 juillet à Jazz à Vienne) il revient cet automne avec un accompagnement instrumental dont la composition semble s’être déterminée au dernier moment. En effet au moment de l’accueil à l’Auditorium, les hôtesses remettaient le programme de la soirée annonçant nommément un trio (voix, clavier, violon) mais au lever de rideau c’est un quartet qui se présente sur scène avec autour de Bobby McFerrin , le grand arrangeur Gil Goldstein aux claviers et accordéon, Jeff Carney à la contrebasse et Louis Cato à la batterie, guitare et voix,  par ailleurs membre incontournable de Snarky Puppy depuis la création de cette décapante formation.

A l’image de son dernier album Spirityouall (2014) auquel Gil Goldstein apportait une contribution significative pour sa coloration bluesy – gospel, le répertoire de la soirée s’inscrira majoritairement dans des registres apaisés où la froideur l’emporte le plus souvent sur la passion, le calme sur la volupté. Sur la centaine de minutes du concert, il y aura cependant des moments plus intenses et chargés d’émotions, c’est le cas notamment quand Bobby McFerrin à deux reprises engage un dialogue nourri avec Louis Cato qui pour sa part joue à la fois sur les registres de sa batterie mais aussi sur celui de la voix ou il révèle de surprenantes dispositions. Les  tentatives  de dialogue avec Jeff Carney et Gil Goldstein ne seront pas couronnées du même  succès car le clavier excelle pour sa part en restant en retrait  sur de délicats et subtils  accompagnements. On retrouvera une certaine densité sur le traditionnel gospel Johsua ou le scat de Bobby McFerrin devient plus rapide alors que Gil Goldstein utilise enfin son accordéon pour magnifier le morceau. A deux reprises également, le chanteur parviendra  à associer à son chant un public acquis  notamment autour du thème de Cantaloupe Island et une deuxième fois en instaurant un échange à trois voix entre lui d’une part et d’autre part la partie gauche et droite du public. L’intervention d’un violoniste sur Wade, ni l’invitation faite à deux chanteurs de venir partager un moment la scène ne seront  d’un réel intérêt musical ; il nous semble pour notre part que le concert y aurait gagné en densité en laissant davantage de place pour des interventions des  trois autres musiciens trop souvent mis en retrait.

Pour le rappel, ce sera naturellement un Don’t worry be happy à peine esquissé et expédié en moins de deux minutes !

Au final quelques moments remarquables qui montrent que Bobby McFerrin conserve encore tout son savoir mais à côté pas mal de remplissages et d’approximations sur ce concert.

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