(38) Isère

13/12/2019 – Charlier/Sourisse/Winsberg/ au Bertet Club

« De bric et de broc à ……Brecker »

 

Trois pointures formant un trio digne de ce nom.

Entre Tournon, Roanne, et St Christophe d’Allier, ils s’arrêtent au Bertet Club de Gières au public averti, toujours composé de passionnés, connaisseurs et musiciens.

On ne présente plus André Charlier d’outre Quiévrain, et Benoît Sourisse le grenoblois.

Un duo de jumeaux musicaux, à une fidélité qui va au-delà de trois mille concerts joués ensemble selon Benoît. Louis Winsberg s’est joint à eux depuis quelques temps maintenant pour former un vrai trio. Ils ont commencé à se rassembler autour de leur propre musique, fait de bric et de broc, aux dires de Louis lui-même. Aujourd’hui, c’est la musique éclectique du talentueux Mickael Brecker, qui les réunit pour leur retour en Rhône-Alpes où ce même concert fut joué et chroniqué sur ce site plusieurs fois. La programmation reste la même, le fil conducteur demeure leur dernier album, sorti il y a un an. Mais l’expression sera différente  et renouvelée à chaque fois.

Nos trois compères vont de nouveau, nous guider dans les traces et les contes de Mickael  Brecker « Tales from Mickael »  dans son langage East Coast jazz rock. Chaque morceau raconte une partie de ce conte.

Tout démarre sur les cordes du « gitan à la chevelure argentée ». Minsk (street) est notre point de départ et talking to myself, je me remémore leur créateur et pianiste Don Grolik.

 Le sax s’est fait guitare.

 On déambule sur ce chemin inspiré et décrit par Louis Winsberg, non sans nous rappeler  des sonorités de Mike Stern. Il est soutenu par Benoît Sourisse, concentré sur son art et à la gestuelle débridée sur son clavier non tempéré. André Charlier collabore à ce fluide musical, avec une discrétion créative. On l’oublie presque, tant il est présent ! et fait partie intégrante de ce flot onirique.

Puis on saute dans le métro avec straphanging, rythmes syncopés, phrasés chaloupés, sur les rails stridents et mystérieux.

Oops, nous ratons notre station. Nos trois conteurs jouent sur une dynamique ravageuse. Solo impressionnant, d’André Charlier le faux calme, une dextérité emphatique, une fougue hardie, rappelant Buddy Rich. On termine sur une ambiance bluesy très hardbreaker.

Au sortir de la station, nous ne resterons Never alone, mais juste avec la nostalgie de ce périple souterrain.

Un peu fauché, je me trouve confronté au Cost of living qui permet à Louis Winsberg de s’exprimer au travers de son vocodeur. Voix synthétique, électrique d’un autre âge qui nous renvoie vers les premiers interprètes que furent les monstres que sont, Pat Metheny, Jack De Johnette, et Charlie Haden.

Madame Toulouse, nous accompagne enfin dans ce périple pour un premier rappel, qui se prolonge  par une merveille confiserie, dessert succulent et inventif  qu’est the four slippers pour conclure et enjouer un public aux yeux écarquillés, épatés et réjouis.

 

Ce projet pourrait avoir une suite avec la participation de Randy Brecker, le frère ainé de Mickael. Peut être une autre histoire. [NdlR : Randy Brecker a rejoint le trio en février dernier au Saint-Fons Jazz voir ici

Ont collaboré à cette chronique :

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