(38) Isère

31/12/2019 – Five for fun au restaurant « Les trois sommets »

Que serait un réveillon de nouvel an sans notre belle montagne de Chartreuse et sans un orchestre de jazz jouissif en live ?  

Ce soir, c’est Didier, le patron très sympathique et coopératif du restaurant Les 3 Sommets, situé au Col de Porte en Chartreuse, qui reçoit au coin du feu ses invités avec Five For Fun, orchestre bien connu de la région grenobloise. Sans surprise, la salle est pleine ! On a refusé du monde ! Dès notre arrivée, l’orchestre nous accueille avec une tendresse chaleureuse. Robert Poitou apporte comme toujours le sens du rythme dans ses scats, Marc Prunier poursuit vivement à la clarinette alors que Robert l’accompagne maintenant à la trompette bouchée. Yves Gariod, au piano, nous transmet son bonheur de jouer, bien entouré par Ivan Baldet à la contrebasse et Eddy Zoani à la batterie.

Le plaisir du live, c’est aussi les grands sourires francs et enjôleurs des musiciens chantant  I love you …. La voix, charmeuse, descend bien dans les graves, la trompette grimpe au ciel, la clarinette, ravie, lui répond, le piano reprend la rengaine, la contrebasse fredonne, la batterie ne cesse de répéter I love you. Le ton est donné !

Pour accompagner le foie gras, un grand succès du crooner Dean Martin, Sway chanté avec sensualité par Robert. Les balais caressent les caisses. Le saxophone, langoureusement, accompagne le texte « When marimba rhythms start to play, Dance with me, make me sway ».

 

Soudain, Eddy frappe avec vigueur tambours et cymbales. La trompette explose pour accueillir Joëlle, accordéoniste professionnelle. Avec  Les feuilles mortes  l’ensemble nous séduit avec nostalgie. L’accordéon donne le ton pour La Roulotte écrit par un violoniste manouche. Robert a bien entendu sorti sa guitare. Joëlle nous emmène dans un voyage joyeux alors que le piano s’affole. Suivra un morceau de prestige, Indifférence de Tony Murena. On se balance sur les notes vives de l’accordéon enveloppé dans l’intimité de l’orchestre.

Après l’entrée aux noix de St-Jacques, ça chauffe ! Robert nous gratifie avec gourmandise d’un A Tes Seins de Claude Nougaro, bien soutenu par le sax. Il introduit Jocelyne à la clarinette en métal pour un thème du pianiste guadeloupéen Alain Jean-Marie, qui a reçu le prix Boris Vian de l’Académie du Jazz « Meilleur album de jazz français » et le Django d’Or « Meilleur musicien français de jazz » en 2000. Rien que ça ! Le duo trompette-clarinette, vibrant, claironnant, dansant sur ce tempo antillais est repris avec jovialité par la rythmique.

Jocelyne interprète aussi, d’abord doucement, puis scandé, un standard des chansons sur Paris, Ménilmontant de Charles Trénet.

Changement de configuration : elle se met au saxophone alto, Marc jouant du sax soprano pour accompagner les scats enflammés de Robert. Yves fait courir ses doigts sur son clavier, Ivan fait vrombir sa contrebasse et Eddy s’agite, fait éclater ses cymbales ! Robert de retour à la trompette, se joint aux vibrations des cuivres. Le sextet nous emmène aux cieux !

Yves Gariod, au piano, nous vient de La Mure. Passionné, accro de la musique, il nous emporte dans un boogie-woogie effréné façon Jerry Lee Lewis. Debout, il joue sur un pied, ses mains glissant d’un bout à l’autre du clavier en un éclair. Le morceau se termine sur un solo de batterie fracassant ! La salle est en liesse !

Estate est un titre du pianiste, compositeur et chanteur italien Bruno Martino, repris par Claude Nougaro sous le nom Un Eté. Interprété par Robert avec des harmonies jazz, et un regard coquin, il réjouit le public.

Après le ballotin de volaille, Christian, un nouvel invité, s’installe au piano.  Flanqué de la trompette bouchée et du sax flatteur, il nous joue avec émotion la ballade Georgia On My Mind, chanson composée en 1930 par Hoagy Carmichael sur des paroles de Stuart Gorrell,  très connue pour les interprétations qu’en ont faites Louis Armstrong ou Ray Charles entre autres.

Le groupe poursuit avec quelques morceaux rugissants et très populaires tels Road 66 (écrit par le compositeur Bobby Troup, alors qu’il se rendait à Los Angeles en voiture. C’est sa femme Cynthia qui est l’auteur du refrain)  et What’d I Say (d’abord improvisée par Ray Charles lors de l’un de ses concerts, elle rencontra un tel succès qu’elle fut ensuite enregistrée). Les applaudissements crépitent !

Annick nous arrive pour chanter d’abord Mon Amant de Saint Jean (les paroles sont de Léon Agel et la musique d’Émile Carrara) dans un vibrant duo avec le saxophone soprano. Délicatesse, bouleversement, trouble, nous ne sommes pas épargnés. Changement d’ambiance avec Hit The Road Jack, standard de jazz américain, tube de Ray Charles. On claque des doigts ou des mains !

Il est plus de minuit, nous avons souhaité nos meilleurs vœux à nos amis et voisins de table. Le dessert arrive mais la soirée est loin d’être terminée !

Honneur au sax pour un air chaloupé Wave composé par Antônio Carlos Jobim et chanté par Franck Sinatra. Suit un succès des Andrews Sisters, tiré du répertoire yiddish, Bei Mir Bist Du Shoen. Robert est de retour à la trompette et au chant pour des scats sans interruption qui impressionnent.

On s’amuse encore toute la nuit. Robert joue d’un pipeau improvisé pour Fly Me to The Moon, puis reprend des thèmes de Pierre Vassiliu pour amuser la salle; on n’oublie pas de remercier le chef cuisinier Antonin Berhault qui l’a bien mérité, on invite Didier, le patron de l’établissement, à jouer de la trompette et Charly, nouvel invité, se met à la guitare…

C’est ça le jazz ! Musiciens de talent, convivialité, plaisir de jouer avec les amis ainsi que les nouveaux venus… Tous les ingrédients pour un fameux réveillon !

Merci Robert. Je savais avant d’arriver que ce serait bien, mais tu m’as bluffée !

A bientôt pour d’autres fêtes !

 

 

Five for Fun : Ivan Baldet : contrebasse ; Yves Gariod : piano ; Robert Poitou : leader, trompette, guitare et chant ; Marc Prunier : saxophones ténor et soprano, clarinette ; Eddy Zoani : batterie

Invités : Joëlle : accordéon ; Jocelyne : clarinette ; Christian : piano ; Annick : chant ; Didier : trompette ; Charly : guitare

Ont collaboré à cette chronique :

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