(69) RhôneHot Club

09/01/2020 – Jesse Van Ruller en trio au Hot Club de Lyon

On pourrait croire qu’il faut forcément être né au Etats-Unis pour faire partie des plus grands musiciens de Jazz.

Mais ce jeudi soir, le Hot Club a su nous prouver le contraire en recevant le guitariste néerlandais Jesse Van Ruller.

Né à Amsterdam en 1972 Jesse commence à étudier le classique à l’Age de huit ans avant de se tourner vers la guitare électrique à onze ans.

Il joue principalement du rock et de la pop et c’est à quatorze ans qu’il entend pour la première fois l’harmonie jazz que Georges Benson exécute sur des chansons pop.

Curieux, il essaye de comprendre ce que joue Benson et tombe totalement sous le charme de cette couleur harmonique. Puis il y a eu la découverte de John Scofield et à partir de là ça ne l’a plus lâché : il deviendra guitariste de jazz.

Il commence à engloutir le vocabulaire jazz, malgré nous avoir avoué, le lendemain en master class, ne jamais transcrire (La raison invoquée : est qu’après la transcription d’un solo de Pat Martino, il n’arrivait pas à se sortir de ce phrasé et donc à développer son propre style).

 En 1990 il intègre le conservatoire avec comme mentor, le tout aussi excellent guitariste, Wim Overgaauw. Il en sort en 1995 : année où il remporte aussi le Thelonious Monk International Jazz Guitar Competition devant un jury composé de John Scofield, Pat Metheny, Jim Hall et Pat Martino.

Jim Hall confiera, par la suite, que : « C’est un joueur des plus expressifs ; il m’a vraiment touché sur le plan personnel. »

De là, il partage la scène avec : Tom Harrell, George Duke, Christian McBride, Mike Stern et même Stéphane Belmondo.

C’est aux cotés du batteur français Marc Michel (EYM Trio) et du contrebassiste irlandais Conor Chaplin que Jesse fait son entrée sur scène.

Il joue sur une Gibson ES175 prêtée par Thibaut François car à sa descente d’avion son propre instrument, qu’il a embarqué en bagage en soute, est porté disparu (merci les compagnies d’aviation).

Le concert débute sur le standard de Joe Henderson : Jinrikisha un swing rapide qui nous montre d’entrée la technique du guitari9ste : un jeu puissant et subtil qui mélange comping et mélodie avec un phrasé bop.

Les autres musiciens ne sont pas en reste le jeu expressif mais tout aussi bon du batteur et les walkings vertueux de Conor vous accrochent immédiatement on comprend tout de suite que l’on va passer une excellente soirée.

C’est la première fois que ce trio joue ensemble mais le dialogue s’installe tout de suite entre les musiciens.

Le répertoire est composé de titres de Joe Henderson : Jinrikisha, Isotope, Black Narcissus, Punjab, La Mesha, de compositions : Floating on Top, First Steps (écrit pour sa fille) et de standards : Just in Time, Con Alma, I hear a Rhapsody, Chelsea Bridge, Johnny come lately.

La soirée s’est achevé sur une époustouflante interprétation du blues : Sandu de Clifford Brown.

Ont collaboré à cette chronique :

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