(38) Isère

10/01/2020 – Douar Trio Cordes soufflées La Faïencerie La Tronche

La Faïencerie a pris ce soir une allure de Jazz Club, avec ses petites tables rondes et rouges, sur lesquelles certains dégustent la cuisine préparée par les enfants de l’Association L’Etoile du Rachais.

L’ambiance est donc à la convivialité, toute indiquée pour accueillir le Douar Trio, et sa musique originale. En effet, Douar signifie Le village en arabe et La terre en breton ; et il est fort à parier que Pierre Lordet, qui a créé le Trio en 2014, est d’origine bretonne.

Pierre Lordet, à la clarinette basse, est accompagné de Florent Hermet à la contrebasse et de Rabah Hamrene au oud. Tous les trois composent et mixent leurs inspirations pour inventer une musique métissée et aérienne.

Les différentes pièces jouées ce soir sont celles de leur dernier album « Medialuna ». D’emblée nous sommes plongés dans l’ambiance envoûtante de l’Orient, du désert au lever du soleil dans la plénitude du petit matin avec Aurore. L’oud est un instrument important dans cette composition de Pierre, et Rabah, tout en intériorité et en maîtrise totale, sait en retirer le meilleur.

Tour à tour solistes ou accompagnateurs, nos musiciens s’expriment avec virtuosité et douceur. La contrebasse plaintive ou violente tient bien sa place. D’aucuns ont parlé de l’influence d’Avishai Cohen, Henri Texier ou Anouar Brahem, ils ne se sont pas trompés, mais il s’agit bien ici d’une musique originale mariant magnifiquement le souffle et le bois, sans oublier la danse, le chant et l’improvisation.

Chacun des morceaux joués plantent le décor et, de la Bretagne à l’Orient, nous voyageons : Douar, Tu marches, Du fond du cœur (en breton!), Wadi Rum (désert de Jordanie), Hopi (tribu amérindienne de Monument Valley).

Pierre Lordet, clarinettiste de grand talent, nous fait découvrir les liens entre ces deux cultures, notamment dans Les sept dormants d’Éphèse, qui est d’ailleurs une sourate du Coran, relatant l’histoire de sept opposants au régime qui ont été emprisonnés pendant des années avant d’être libérés. Il se trouve qu’en Bretagne ce mythe est aussi fêté, réunissant pour l’occasion les communautés des deux religions chrétiennes et musulmanes.

Le public enchanté a réclamé deux rappels. Le premier Léo composé par Florent, et le deuxième composé par Louis Ferrari Soir de Paris, qui nous permet d’appréhender l’étendue de leur talent, car cette valse musette à l’oud, contrebasse et clarinette basse est un vrai régal !

Ont collaboré à cette chronique :

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