(38) IsèreJazz Club de Grenoble

16/01/2020 – Duke’s Place Quartet au Jazz Club de Grenoble

Ce jeudi 16 janvier  le Jazz Club De Grenoble accueillait  le Duke’s Place Quartet avec André Wentzo à la contrebasse,  Franck Pilandon aux saxophones ténor et baryton, Fabien Mille au piano et Lionel Grivet à la batterie. Ce quartet est né de la rencontre d’André Wentzo avec Franck Pilandon et de la double  passion qu’éprouve André Wentzo pour la musique de Duke Ellington et Franck Pilandon pour Paul Gonsalves un des saxophonistes vedette de la formation de Duke Ellington.

Grand spécialiste de la musique de Duke Ellington, André Wentzo a agrémentée le temps entre les morceaux d’anecdotes sur la carrière de Duke et l’historique des morceaux, au grand plaisir du public.

C’est donc un programme Ellingtonien parcourant les cinquante ans de carrière du Duke que va nous proposer ce soir ce quartet.

C’est avec  Kinda Dukish qu’a commencé le premier set,  un morceau typique avec une très longue introduction au piano, comme il se doit, accompagné de la rythmique contrebasse batterie. Tout de suite le ton est donné, ça swingue ça balance, puis c’est au tour de Franck Pilandon d’amener le thème et de se lancer dans une improvisation parfaitement dans le style.  Avec Jubilee Stomp on ne peut qu’être impressionné par le jeu de Franck Pilandon au baryton.  Les notes coulent à un rythme d’enfer, tempo 230 quand même. Malgré la vitesse d’exécution la musicalité et le phrasé sont toujours riches et présents.  Le set se poursuit avec Angelica qu’Ellington a joué avec Coltrane en 1962, un thème latin très rythmé joué par Fabien Mille au piano et Franck Pilandon au ténor bien soutenu par la batterie de Lionel Grivet. C’est au tour de Fabien Mille d’improviser avec un joli phrasé plein d’énergie. Avec la pièce A New World A’Coming, Fabien Mille a pu mettre en avant sa grande virtuosité, bravo à lui pour avoir réussi brillamment  à maîtriser cette très longue suite.  Dans ce morceau André Wentzo a improvisé, le phrasé était riche et  la maîtrise de l’instrument parfaite. C’est avec Perdido, un thème qui lui est très connu, contrairement aux autres morceaux joués, que c’est achevé le premier set, sous les applaudissements d’un public conquis.

Le deuxième a débuté avec Take The Coltrane un clin d’œil au bien connu Take The A Train. Nous avons pu voir dans ce morceau la facilité des musiciens à coller au style du morceau qu’ils sont en train de jouer. Nous avons entendu ici un solo de Franck Pilandon au sax ténor très inspiré par  le style de Coltrane, de longues phrase exploitant toute la tessiture du saxophone et une énergie débordante.  De même pour Fabien Mille dont le style s’est rapproché de celui de Monk à cette occasion. C’est d’ailleurs un des points intéressants de ce concert où, à travers les différentes époques abordées dans la carrière de Duke Ellington nous avons pu appréhender l’évolution des  styles de jazz avec non seulement les thèmes joués mais aussi dans les improvisations des solistes et les arrangements des morceaux. 

Avec Oclupaca  (Acapulco écrit à l’envers), le thème latin est joué à l’unisson piano saxophone, riche idée car les deux sonorités se marient très bien sur ce thème. Puis les improvisations s’enchainent avec cette capacité des improvisateurs à les construire avec beaucoup d’à-propos. Avec Way Way Back c’est au tour de la contrebasse d’introduire le morceau, puis le thème est effectué piano sax à l’unisson, ça balance un vrai plaisir  pour les amateurs de swing.  Après un medley de différents titres  le set se termine sur Limbo Jazz et un Caravan mémorable où les musiciens se sont vraiment lâchés et ont enflammé le public  avec leurs improvisations notamment un très beau solo de batterie de Lionel Grivet, une très belle technique avec de beaux enchaînements. Le bis s’est fait sur Cotton tail  où Fabien Mille s’est lancé sur une improvisation dans le style dixieland présentant une fois de plus une palette différente lors d’une improvisation.

Le Duke’s Place quartet a reçu une énorme ovation du public présent très heureux d’avoir pu assister à ce beau moment de Jazz.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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