(69) RhôneSaint-Fons Jazz

22/01/2020 – Combos et « Contrebasses messengers » au Saint-Fons Jazz

La soirée placée sous le signe de la contrebasse pour faire écho à la venue de Renaud Garcia Fons vendredi débute par trois combos d’élèves du conservatoire de saint Fons, sous la direction de leur professeurs.

Cela comence par Wilhelm Coppey et le Saint-Fons Jam avec  Hipsippy Blues de Hank Mobley, un thème très bop et enlevé. Ils nous proposent ensuite un petit bijou de John Scofield Hangover où bien sûr la guitare de Dominique tient une place de choix.

Pour finir ce très court set d’introduction le combo nous transpose dans les îles avec Cubano Chant de Ray Briant.

Suit un autre combo piloté par Hervé Salomone qui joue ce soir pour la première fois … à la batterie. Il faut savoir tout faire quand on est prof de musique. Le premier thème What Is This Thing Called Soul est emprunté à Cannonball Adderley, du hard-bop pur sucre. La ballade qui suit est archi-connu puisqu’il s’agit de Body and soul. Et on finit sur Bohemia After Dark du même Cannonball Adderley.

Place ensuite au Big band de Saint Fons et ses six choristes (dont Catali Antonini cachée tout au fond) pour une reprise de Corcovado sous la direction de Stéphane Rivero avec un bel arrangement de Stéphane Pelegri. On passe ensuite à Kurt Weil et l’opéra de Quat’Sous et le célèbre Mack the Knife.

 

Après l’entracte arrive le moment tant attendu les « Contrebasses Messengers » un projet original, que dire, une création mondiale, monté par Stéphane Rivero qui a invité ses potes Patrick Maradan et Christophe Lincontang à partager la scène. Trois contrebasses seules qui échangent c’est peu banal. Patrick Maradan a écrit le premier thème McBrideology en l’honneur de son interprète fétiche.

On célèbre ensuite un autre maître de la grand mère : My Mingus Boggie, un thème de Stéphane Rivero.

Pour la suite ils font appel à une rythmique maison avec Wilhelm Coppey au piano et Cédric Perrot aux baguettes et balais pour interpréter un thème peu connu de Monk : Eronel,

On poursuit avec un duo Patrick et Stéphane sur Loverman.

Pour Cherokee le classique trio Maradan/Coppey/Perrot se reforme (il ne manque plus que le quatrième larron, Christophe Métra). Bon sang que ça va vite ! Patrick nous livre un solo ébouriffant, il tricote grave et sans paraître forcer, Cédric en fait de même ensuite aux balais. Du grand art.

Patrick va se reposer les doigts et nous laisse en compagnie de Stéphane et Christophe et la rythmique pour Haden’s mood (encore un maître) une composition de Stéphane.

Pour l’occasion Patrick a composé Angels from the basement où les archets sont de sortie.

Stéphane et la rythmique reprennent un morceau du compère Jean-Louis Almosnino, Illustrations.

On se dirige sur la fin avec Tricotism attribué à Oscar Petitford. Un tube de la contrebasse nous annonce Stéphane. Ce morceau aurait été en fait composé par le saxophoniste Lucky Thompson. Qu’importe, Patrick et Christophe tricotent en s’amusant. Il y a de l’émulation dans l’air.

Final sur un blues, Splanky immortalisé par Count Basie où les trois s’amusent à jouer la walking bass a l’unisson. Jolie synchro et jeux de mains légèrement différents.

Pour le rappel, le big band revient sur scène pour Quiet afternoon de Stanley Clarke sur un arrangement de Stéphane Pelegri. Et c’est ce dernier qui dirige l’orchestre. On finit cette belle soirée originale sur une tonalité funky.

Ont collaboré à cette chronique :

X