(69) RhôneHot Club

24/01/2020 – Clovis Nicolas Quartet au Hot-Club

La tournée (sept dates françaises) du contrebassiste Clovis Nicolas passant par le Hot Club, on ne pouvait pas rater sa venue, surtout qu’on le savait accompagné du batteur new-yorkais Leon Parker, du saxophoniste natif de Saint-Petersbourg Dmitry Baevsky et du trompettiste mancunien Steve Fishwick… Notre attente n’a pas été déçue !

Deux sets de haute tenue ont ravi les oreilles mélomanes qui étaient descendues dans le plus ancien club de jazz d’Europe. Dans le premier, se succédèrent des compositions, un standard et une reprise parcourant un large panel de sensations musicales. On eut droit à une version enlevée du Freedom Suite de Sonny Rollins, créée en trio sans piano en 1958 (aucun des musiciens sur la scène du Hot n’était né !) mais fort bien réarrangée pour le quartet. Sans piano non-plus, nous appréciâmes la délicatesse chaloupée du Mimosa de Herbie Hancock. Les solis des soufflants précédant ceux du contrebassiste et du batteur, la force et la puissance alternant avec la douceur et la subtilité délivrées par les quatre compères. Leon Parker se livra au jeu du solo intégral où il délaissa baguettes, mailloches et balais pour des percussions corporelles avec scat intégré qu’il s’autorise dans quasiment toutes ses prestations… Le public adore !

Le second s’ouvrit sur Nichols and Nicolas, en hommage au pianiste Herbie Nichols (1919-1963), se poursuivant avec l’étonnant Esoteric du tromboniste Grachan Moncur III (créé au côté de Jackie McLean en 1964) puis un blues personnel Grant S. Un duo contrebasse-alto ramena onze ans en arrière Clovis et Dmitry lors de leur dernier passage sous la voûte en pierres du Hot Club. C’est en quartet que s’acheva le second set avant Hutch, composition toute fraîche offerte en rappel.

Le Clovis Nicolas Quartet a démontré l’étendue de son talent capable de s’approprier des compositions pleines de subtilités ou  de se mettre au service des compositions de Clovis Nicolas qui, installé à New York, joue avec ses ses pairs américains (Hancock, Mehldau, Dee Dee…), enregistre comme sideman et a trouvé le temps d’enregistrer deux albums en leader : « Nine Stories » et « Freedom Suite Ensuite ». Merci à la Grosse Pomme de le renvoyer de temps en temps sur la terre de ses ancêtres !

Ont collaboré à cette chronique :

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