(38) IsèreJazz Club de Grenoble

30/01/2020 – Cécile Andrée Quartet au Jazz club de Grenoble

Ce jeudi 30 janvier le Jazz Club de Grenoble accueillait  le quartet de Cécile Andrée.

Cécile Andrée, une chanteuse et compositrice à la croisée des influences du jazz et de la pop, mène ce quartet avec Benjamin Rando au piano, Julien Heurtel à la batterie et Olivier Lalauze à la contrebasse.

Les morceaux qui ont été joués lors de cette prestation sont en grande partie présents dans l’album « Nature » sorti en 2018 et dont je conseille vivement l’achat.

Le premier set a débuté avec Entre ciel et mer ; une  introduction contrebasse chant pleine de sensibilité, puis le morceau se déroule avec des changements d’ambiance et de rythme.  Benjamin Rando au piano nous fait une belle improvisation avec un phrasé plein de musicalité et d’énergie.

Le quartet interprète ensuite Spring time avec des paroles en anglais. Encore une fois la voix de Cécile Andrée pure et sensuelle nous emporte, elle se sert de son looper  pour donner encore plus de profondeur au chant. Elle scatte mais tout en douceur en faisant durer les notes. Sur Blue In Green le célèbre thème de Bill Evans l’arrangement, plein d’originalité avec le piano qui fait un phrasé au rythme dédoublé, conserve quand même l’émotion du thème, les longues notes tenues au chant  y participant  avec bonheur. Sur le morceau Canopy, une jolie ballade inspirée par la canopée, Cécile Andrée démontre ses grandes qualités de chanteuse et de compositrice. Ensuite elle s’attaque à un des morceaux du répertoire des Beatles que je considère comme un des plus difficiles à chanter je veux parler de Because de l’album Abbey Road  qui a été enregistré à l’époque en rerecording par John Lennon seul. Et bien, accompagnée par son trio, tout en retenu, Cécile qui a enregistré sur son looper les voix au fur et à mesure a réalisé une véritable prouesse vocale où elle nous a fait partager l’émotion des paroles de cette magnifique chanson qu’elle considère, à juste raison, comme un haïku poème japonais très court.  Le contrebassiste Olivier Lalauze nous a gratifiés sur ce morceau d’un joli solo, il a fait chanter la contrebasse avec beaucoup de sensibilité et de justesse dans le phrasé.  Le pianiste Benjamin Rando a quitté l’ambiance pop pour réaliser un très beau solo jazz où l’influence de Brad Mehldau se fait sentir.  Ensuite c’est au très beau thème de Billy Strayhorn A Flower Is A Lovesome Thing  auquel Cécile s’attaque, décidément rien ne lui fait peur, une justesse de la voix sans faille et accompagnée à l’archet par une contrebasse à la belle sonorité, elle nous fait vivre un très bon moment. Le set se termine sur  une nouvelle composition de Cécile Andrée She Knows, jolie introduction très bien soutenue par la batterie de Julien Heurtel qui, comme les grands, sait rester discret mais apporte un soutien sans faille dans l’exécution des morceaux.

Le public applaudit généreusement le groupe dans l’attente d’un deuxième set qu’il sent prometteur.

Le deuxième set débute avec WOL abréviation de The Wheel of life, un thème à trois temps, belle mélodie puis improvisation à la voix où Cécile Andrée exploite à merveille sa tessiture puis c’est au tour de Benjamin Rando de se lancer dans une improvisation où il démontre une maîtrise parfaite de son instrument et une dextérité impressionnante dédoublant même un tempo déjà rapide. Puis c’est Alfonsina un morceau chanté en espagnol, un duo voix contrebasse, moment magique.  Les thèmes se succèdent Invocation, duo piano voix, Street spirit un morceau au tempo plus rapide avec une jolie partition pour la contrebasse, et un solo de batterie où Julien Heurtel fait sonner joliment ses cymbales, My Heart will beat une ballade où la voix  nous enveloppe dans un cocon de douceur, Sofly As A Rhyme peut être inspiré librement du Spain de Chick Corea, bel arrangement, où Cécile André fait chanter le public pendant son improvisation. Dans Let the Stone Fall la rythmique se lâche, tous les trois à l’unisson dans l’énergie et la puissance.  Le set se termine sur Flying Around As A Bird comme le titre ne le dit pas c’est  aussi en Français que cette très belle chanson  est interprétée. 

Quel beau moment nous a fait vivre Cécile André avec sa superbe voix, ses très beaux thèmes,  avec des arrangements originaux et le tout  accompagné par un trio de très bons musiciens.

Ont collaboré à cette chronique :

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