(69) RhôneSaint-Fons Jazz

31/01/20 – Kenny Garrett Quintet au Saint Fons Jazz

C’est sûr que Norbert Gelsumini et son équipe peuvent afficher fièrement leur satisfaction d’avoir réussi à mettre à l’affiche de Saint Fons Jazz ce concert événement  du saxophoniste (alto et soprano) américain Kenny Garrett qui aussitôt annoncé a fait le plein en réservations jusqu’au  moindre petit siège du Théâtre Jean Marais. On ne présente plus ce musicien qui a côtoyé les plus grands à commencer par Miles Davis  dont il fut le dernier saxophoniste à partir de 1988 et de l’album ‘Amandla’ et pendant les trois dernières années  de toutes les tournées internationales  de Miles. Depuis la fin des années 80, il poursuit sa propre carrière  avec une vingtaine d’albums sous son nom dont un en 1996 Pursuance en hommage à John Coltrane et le dernier en 2016 Do your dance ! Toujours en  alliant exigence des improvisations avec belles mélodies enjouées et dansantes.

Il se présente ce soir avec son quintet attitré : le pianiste Vernell Brown , le contrebassiste Corcoran Holt , le percussionniste Rudy Bird et le batteur Samuel Laviso,  tous solides musiciens habitués à suivre ou à pousser le maître vers le meilleur de lui-même que ce soit dans ses improvisations ou dans ses fréquentes interventions vocales. Dès le morceau d’ouverture du concert, poussé par l’alliance percussions batterie il signe un décoiffant chorus d’alto où il souffle le chaud et le froid , la volupté et le calme, l’énergie et la sérénité,  tous ces contrastes qu’on ne retrouve que chez les plus grands et qui lui permettent en retour d’exiger le meilleur de ses musiciens. On aura d’ailleurs un aperçu du meilleur de Vernell Brown avec sur le deuxième morceau un solide chorus de piano dont on peut regretter qu’il ait été trop vite abrégé par l’envie de Kenny Garrett de faire chanter le public. Sur le troisième morceau Kenny Garrett passe au sax soprano avec  un chorus où il se plait à rendre hommage à Miles en multipliant les citations de compositions qu’il a souvent jouées derrière le maître. Vient ensuite le  classique très souvent repris sur scène Sing a song of song où Kenny reprend possession de son alto pour exposer  la belle mélodie presqu’une ballade alors que les autres musiciens viennent progressivement l’épauler pour créer un écrin pour un nouveau chorus qu’il conclut par une invitation faite au public de l’accompagner en chantant sur le final : une beau moment de grâce. Autre temps fort avec Happy people où il enflamme le théâtre avec ses accents funky à souhait et invite le public à danser tout en présentant les musiciens qui quittent progressivement la  scène  avant de revenir mettre la touche finale à ce morceau rendu ici terriblement festif.  Kenny Garrett reviendra en premier rappel pour un morceau où< il s’installe au piano pour un solo fort convaincant sur ce qui n’est pas son instrument de prédilection. Pour le rappel final avec  le quintet très inspiré  (alors que les deux heures de concert sont atteintes),  Kenny Garrett choisira le dansant et percutant Do your dance ! (titre du dernier album) façon de  conclure énergiquement ce concert qui a tenu toutes ses promesses en permettant de toucher pratiquement du doigt l’art de ce grand du saxophone qui nous était copieusement servi sur le plateau du Théâtre Jean Marais comme dans le plus accueillant des clubs de jazz.

Ont collaboré à cette chronique :

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