(38) IsèreJazz Club de Grenoble

06/02/2020 -Matthieu Chazarenc Quartet « Canto » au Jazz club de Grenoble

Matthieu Chazarenc batteur et sideman  confirmé s’est lancé avec bonheur vers une production personnelle avec un quartet  constitué de Christophe Wallemme à la contrebasse, Laurent Dérache à l’accordéon et Geoffroy Tamisier à la trompette. Matthieu Chazarenc a présenté des morceaux de sa composition issus principalement de son premier album  « Canto » et quelques morceaux du prochain.

Le premier set a débuté avec Mascagne. Ce premier morceau vient confirmer les influences réclamées à la musique « Trad », la présence de l’accordéon, un jeu de batterie plus proche de celui de percussions, des mesures où le 4/4 attendu n’est plus, des accents de musique des Balkans tout ça fait une musique pleine d’originalité et d’énergie sans pour autant que le coté mélodique disparaisse. Dans ce morceau après une introduction accordéon batterie, la trompette et la contrebasse viennent rejoindre le duo.  L’accordéon se lance dans un solo où il exploite parfaitement toutes les possibilités de l’instrument s’accompagnant de la main gauche avec des accords et déroulant un joli phrasé à la main droite.  La complicité musicale qui unit, Mathieu Chazarenc à la batterie et  Laurent Dérache à l’accordéon, est mise en évidence dès ce premier morceau.

Avec Nos Pas une longue introduction rubato à l’accordéon crée une atmosphère remplie d’émotions sur cette ballade à trois temps, le thème est ensuite joué à l’unisson accordéon trompette, les sons des deux instruments se marient parfaitement puis c’est au tour de la trompette de faire le thème et de se lancer ensuite dans un solo qui renforce l’émotion produite par l’exposition des thèmes.

Ensuite c’est Ostrava, le nom d’une ville de la République Tchèque, qui est joué, thème à la trompette, une belle énergie se dégage de ce morceau qui n’est pas sans rappeler certains thèmes d’Astor Piazzola.

Avec LaGuiche c’est au tour de la contrebasse de Christophe Wallemme d’exposer le thème, une petite revanche pour cet instrument destiné à n’être principalement qu’un accompagnant, Christophe Wallemme a d’ailleurs eu la possibilité dans ce morceau de faire un très beau solo, ou il a pu démontrer sa grande virtuosité et sa musicalité.

Le morceau terminé a été directement enchaîné avec le prochain morceau Patience, une très longue et magnifique introduction à la trompette seule, que le public a écoutée dans un silence religieux tellement l’enchaînement des notes était prenant. Cette ballade est particulièrement  remarquable par son thème plein de douceur et de mélancolie.

C’est avec Wild Call que c’est terminé le premier set. Un thème proche de la musique des balkans avec un tempo très rapide. Matthieu Chazarenc pousse le groupe avec une énergie et une précision extrème, les cymbales sonnent et emplissent l’espace sonore.

Le second set débute avec Au Mont D’Or un morceau en souvenir d’un belle dégustation de vin dans ce lieu. Un tempo rapide bien soutenu par Matthieu Chazarenc, un solo de trompette ou une fois de plus Geoffroy Tamisier a démontré sa virtuosité sur cet instrument, un solo d’accordéon ou plutôt un duo batterie, accordéon tant le jeux de la batterie et le solo d’accordéon se confondaient.  Très beau solo de Christophe Wallemme qui a fait superbement chanter la contrebasse. Le morceau s’est terminé sur une descente chromatique ou tous les instrumentistes ont su transmettre une tonne d’énergie au public présent.

Avec Mystérieuse une valse de Jo Privat seul morceau qui n’était pas composé par lui, Matthieu Chazarenc a voulu renouer avec les bals musettes de son enfance pour bien montrer la continuité de sa musique avec celle-là.

Pour le prochain morceau Bardenas, Matthieu Chazarenc a pris les mailloches et fait une longue et belle introduction à la batterie, belle démonstration de virtuosité, la trompette a enchainé sur le thème de la chanson Se Canto, on se serait cru en Occitanie, Matthieu Chazarenc a enchaîné sur un solo ou il est passé des mailloches aux mains puis au baguettes devant un public enthousiasmé par la richesse de son jeux et son énergie rythmique.

C’est sur La Bohème de Charles Aznavour que le bis de ce superbe concert s’est achevé pour montrer une fois de plus que la musique de Matthieu Chazarenc, malgré son aspect plus moderne, est la continuité de toutes celles qu’il a écoutées et aimées.

Ont collaboré à cette chronique :

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