(38) IsèreThéâtre de Vienne

07/02/2020 – Thomas Enhco au Théâtre de Vienne

Un ange est passé vendredi soir au Théâtre de Vienne qui s’était mis sur son « 31 », l’âge de  Thomas Enhco venu donner vie au rutilant Steinway qui trônait au milieu du plateau…

Le jeune pianiste est un habitué des scènes viennoises. Il foula la scène du théâtre antique en 2006, violoniste de dix-sept ans avec son beau-père  en concert scolaire, seul en ouverture de la soirée French Touch de 2015, il avait, plus tard, rejoint Didier Lockwood, Richard Galliano et Philippe Catherine. Il avait donné, cette année-là, un solo au Musée gallo-romain de Saint-Romain en Gal lors des Musaïques. La scène se souvient du passage d’Enhco & Co, avec son frère David, au Club de Minuit en 2009…

Il a puisé son répertoire dans ses propres compositions en ouvrant symboliquement par Turning Thirty issu de son dernier album Thirty où il évoque son arrivée sereine dans la trentaine.  Joue pour les anges rappelle un conseil prodigué par Didier Lockwood.  Looking back suggéra l’idée d’un regard en arrière sur le chemin parcouru. Avec Looking for the moose, il nous fit part de son étonnement et de sa peur face à une femelle élan lors d’un treck dans les Rocheuses. Point ne fut besoin de nous présenter You’re just a ghost, tant on l’espère à chaque concert de Thomas…

Ses choix de reprises permirent d’afficher une culture musicale aux influences diverses parfaitement assimilées et entremêlées. All the things you are lui permit de profiter du « terrain de jeux » que représentent les standards de jazz. Une Sarabande de Bach (en 9 temps) démontra, s’il en était encore besoin, que classique et jazz peuvent faire bon ménage. Un ange passa avant un traditionnel juif mêlé à une Variation Goldberg de Bach, son ange gardien, qui lui/nous offrit le plaisir de mélodies en sol majeur évoquant des souvenirs d’enfance. Offert en premier rappel, What a wonderful world semblait résumer à lui seul ce concert en état d’apesanteur, joliment éclairé et idéalement sonorisé dans l’écrin que représente un théâtre à l’italienne comme celui de Vienne. Ayant pressenti notre envie de chanter, Thomas nous le permit en entamant, pour conclure,  La javanaise de Serge Gainsbourg où l’on tutoya les anges…

Avec une aisance confondante, il alterna les tempi les plus rapides et les plus délicats. Ses doigts effleuraient les touches ou les frappaient avec vigueur. Il était assis, quasi immobile, ou se levait pour atteindre les cordes du piano. Parfois les mains se croisaient quand elles ne s’éloignaient pas aux extrêmes du clavier. Les yeux se fermaient ou suivaient le voyage des doigts. Un silence suivait la dernière fréquence de la dernière note de chaque morceau pour laisser place à de copieux applaudissements. En communion avec le public, Thomas présenta ses morceaux avec un brin d’humour et prit le temps d’une séance dédicace dans le hall, même s’il manqua quelques « Thirty » !

Ce vendredi soir, auditeurs de musiques classiques et amateurs de jazz étaient aux anges…

 

Voir aussi la chronique de l’album par Nicole Videmann

Ont collaboré à cette chronique :

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