(69) RhôneHot Club

08/02/2020 – Cathy Heiting Quartet au Hot-Club

Le Hot Club a fait le plein pour accueillir la chanteuse Cathy Heiting, le guitariste Wim Welker, le contrebassiste Sylvain Terminiello et le batteur Gérard Gatto. Seule la tunique vermillon de la chanteuse tranche sur le noir des tenues de scène, mais nous le savons tous, du noir jaillit la couleur quand le cœur y est…

 D’emblée, Cathy s’adresse au public pour faire une présentation personnalisée du premier standard du concert, Someone to watch over me de Gershwin qui donne le ton de cette soirée qui sera à la fois virtuose et décalée. Preuve en est avec I shot the sheriff  de Bob Marley réorchestrée en mode manouche. Elle sollicite les spectateurs pour créer l’ambiance hispano-désertique d’une Caravan de Duke Ellington aux effluves flamenca dont les ayes provoquent les olés d’un public ravi de donner de la voix. Avec Chandelier de l’Australienne Sia, Cathy se mue tour à tour en chanteuse d’opéra, de reggae, de rap, de r’n b et mérite l’ovation qu’elle remercie d’une voix fluette. Après l’évocation de son passé classique et lyonnais, elle nous propose une première composition originale en forme de ballade My rendez-vous interprétée tout en douceur et en nuances. The other side of your soul conclut le premier set dans le même esprit.

C’est en duo que s’ouvre le second set avec I cant feel my face du Canadien The Weeknd  revisité en mode voix/contrebasse qui s’achève avec les chœurs du Hot. Le quartet se reforme pour le blues Prayer for A. composé par Cathy en mémoire d’André Lévèque qui fut son metteur en scène. Autre composition originale, Burn installe le groove d’un funk imparable qu’on eût aimé partager sur un dancefloor ! Le tube de Bill Withers Ain’t no sunshine bénéficie d’un traitement survitaminé lorgnant vers l’afrobeat. Quant au I will survive de Gloria Gaynor, il retrouve ses lettres de noblesse avec une version qui remet en valeur la profondeur de ses paroles pour se conclure en opéra. Un standard avait ouvert le concert, The shadow of your smile de Webster et Mandel le parachève  en funk endiablé.

En rappel, le mégatube de James Brown et Bettie James Newton It’s a man’s man’s man’s world nous rappelle que « tout ceci ne serait rien sans les femmes ». La venue de Cathy Heiting au Hot Club en fut la preuve.

L’apparente facilité avec laquelle Cathy promène sa voix du grave à l’aigu, du scat à l’opéra, de la ballade la plus douce au funk le plus tonique a conquis ceux qui la découvraient et conforté ceux qui la retrouvaient. Chanteuse, conteuse ou comédienne, qu’elle joue la carte de l’humour ou de l’émotion, tout sonne juste. Le trio qui l’accompagne lui sert d’écrin tant ses compagnons de scène sont à l’aise dans tous les registres parcourus durant les deux sets. Merci au Hot de permettre de si beaux et bons moments qui savent si bien abolir les frontières en affirmant l’esprit d’ouverture qu’a toujours véhiculé le jazz.

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