(38) IsèreLa Source

08/02/2020 – Hot Height Brass Band à La Source

On aurait pu croire au retour aux sources du jazz, à La Source de Fontaine ce samedi soir, avec ce band nominé aux Grammy Awards, s’il vous plait !

Il n’en fut rien. Au fait, ce n’est pas un band, mais presque une franchise de plus de vingt musiciens. Selon le trompettiste I.C. Cotton, les membres se sont agrégés au fur et à mesure des jams. Ils pourraient se produire à plusieurs endroits différents en même temps !

Point de « Big Peter », « Burger » ou « Dr. Rackle », place aux « Big Fat », « Jungle » ou « Tiger » ce soir, leur knickname (surnoms) est plus important pour eux.

Deux trompettes, deux trombones, un saxophone, au premier plan devant une caisse claire, une grosse caisse, et la masse du sousaphone king size  constituent la formation de l’octet

Huit gros bébés (sauf le saxman) tous apparemment entre cent-vingt et cent-soixante-dix kgs, fagottés en costume de rappeurs, déambulant sur scène avec une dégaine de mauvais garçons du Bronx. On semble loin du quartier français, mais plutôt à Nola ou 7th Ward plus sombres à la Nouvelle Orléans.

Démarrage sur les chapeaux de roues avec Chaméléon de H.Hankock. Tout de suite, un torrent d’énergie déferle sur le public qui s’embrase dans ce chaudron musical. Tout en respectant leurs sources, ils évoluent immédiatement vers le funck matiné  de hip hop des bands actuels de Louisiane. Leurs décibels noirs, nous envahissent ; ce n’est pas Bourbon Street , mais Bourbon Plazza.

Ce soir La Source déborde de spectateurs, « shaking theirs bodies ».

Love will tear us a part de leur dernier EP Take Cover ponctue les enchaînements qui semblent improvisés. Quelques mesures de Give me  the night, puis le Sexual healing de Marvin Gaye embarquent le public subjugué.

C’est du non stop musical, énergique et énergisant à la fois. Ils écrasent de leur poids physique autant que musical la scène vivante et animée. Ils mouillent leurs tee shirts, La Source ruisselle de plaisir.

Le hip hop est maintenant totalement présent, ils chantent plus qu’ils ne jouent, dialoguent constamment avec le public. Sur New Orleans after the city, on devine les accents toniques de leur coreligionnaire Trombone Shorty.

What’s my name, et Get up ne font qu’un flot ininterrompu. Pas de répit pour la joie. C’est un marathon musical au rythme  d’un quatre-cents mètres étouffant de plaisir.

Comment rester insensible à ce déferlement de ferveur communicative.

Un Saint James Infirmary Blues  nous renvoie à l’héritage. Ils le déforment, le transforment, et l’achèvent par une marche funèbre enjouée. Fusion des genres, éclectisme des influences.

Rasta Funck, Ghost Town terminent les rappels vibrants de la salle, qui semble rester sur place, toute étourdie de cette horde qui fit sa halte à Fontaine, entre la Cigale de Paris, Lyon, et Varsovie, Stuttgart et Prague….tour européen avec prestation tous les jours  du 4 février au 6 mars, performance à la hauteur de leur énergie !

Un privilège de les avoir à La Source !

 

Line Up de ce soir :

Al Huntley : trompette, voixet leader

Chris Cotton : trompette, voix

Larry Brown : trombone, voix

Tyrus Chapman : trombone, voix

Andrew Calhorn : saxophone tenor

Alidje Jett : caisse claire

André Sims : grosse caisse

Hair Every : sousaphone

Ont collaboré à cette chronique :

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