(38) IsèreJazz Club de Grenoble

13/02/2020 -Alfio Origlio & Noé Reine présentent « The island » au Jazz club de Grenoble

Avec le duo Alfio Origlio (piano) et Noé Reine (guitares), c’est un peu l’histoire du jazz Club de Grenoble qui se joue.

Alfio a baigné toute sa vie dans l’ambiance de ce club. Il y a fait ses gammes sous la houlette de son père, Salvatore, batteur et actuel président du lieu. Son palmarès est impressionnant, tant par sa prolifique discographie que par l’éclectisme de ses choix. Jazz, fusion, chanson française ou pop, quel que soit le style musical auquel il participe, on reconnait immédiatement sa touche et sa musicalité.

Noé Reine est un jeune guitariste prodige grenoblois révélé dès l’âge de quinze ans au côté de guitaristes manouches auprès desquels il a su s’imposer, tant sa passion pour Django était forte. Technicien hors pair, son jeu s’est ouvert à d’autres styles avec succès. Mélodiste forcené, son ADN musical est complètement compatible avec celui d’Alfio.

Fidèles au Jazz Club, leur rencontre était inévitable et elle ne pouvait être qu’exceptionnelle. Quelques mois plus tard, le résultat c’est l’album « The Island » que le duo présente tout naturellement dans la Salle Stendhal (voir l’excellente chronique de Laurent Brun).

Le public d’habitués du Jazz Club se laisse vite emporter par les premières notes de Médusa, une composition de Noé. Piano et guitare classique s’accordent à merveille sur le thème et s’affrontent dans des joutes amicales lors des chorus. Avec Sacha, classique d’Alfio on sent sa fierté d’accompagner ce jeune musicien. On est dans la transmission du savoir, le passage de témoin à un artiste qui va pouvoir continuer sur le même chemin. Dès qu’il le peut Noé cherche du regard Alfio, comme pour s’assurer que tout va bien.

Le concert est essentiellement axé autour du nouvel opus, alternance harmonieuse de compositions des deux musiciens. Sur la fin du concert, l’éclectisme revient au galop avec E luccevan le stelle extrait de la Tosca et Il était une fois la révolution d’Ennio Morricone. Noé change d’instrument et passe au saz, guitare basse huit cordes, instrument d’origine orientale qui permet au duo une approche plus rythmique des morceaux. Le public reste attentif et concentré, profitant du moment.

Pour le rappel, Alfio choisit Mac Do c’est fini, clin d’œil au fossé gastronomique entre deux générations, un fossé que ce duo a largement comblé lors de ce concert par une rivière de notes bleues.

Ont collaboré à cette chronique :

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