(69) RhôneHot Club

14/02/2020 – String on T.OP. & Hetty Kate au Hot-Club

Un Hot Club de Lyon archi-bondé pour cette soirée de la Saint Valentin. J’adore quand l’affiche « Complet » est de sortie.

Le trio Strings on T.O.P. (Thibaut François, guitare ; Olivier Truchot, piano et Patrick Maradan, contrebasse) ; se met au service de la chanteuse Hetty Kate. Australienne, pourquoi pas ? Elle n’a pas sa langue dans sa poche et nous ravit avec tout d’abord ses interprétations mais aussi (et surtout ?) par ses interventions bien barrées entre chaque morceau.

Elle parle d’elle, de ses musiciens, de ses goûts, toujours avec une effronterie qui percute. Ça se passe en anglais mais en gros on comprend et ça rigole dans la salle.

Elles sont rares les chanteuses qui tiennent la scène et le public. Liz McComb nous entraîne dans son monde, China Moses nous fait marrer avec son flot abondant de paroles à la façon de  Dinah Washington, chanteuse américaine avec ses fourrures et maris. Hetty Kate s’apparente plus à une chanteuse en mode stand up avec des choses à dire entre chaque morceau et le plus souvent improvisées et bien senties. Facétieuse, pleine de malice, parfois un peu grimacière, elle a tenu la salle durant tout le concert faisant parfois oublier la qualité des musiciens qui l’entouraient.

Saint Valentin oblige la quasi totalité des morceaux de la soirée auront comme fil rouge un truc qui s’appelle « Love » et il semblerait que les anglos/américains/aussies y soit très attachés.

Tangerine est dédiée au covid-19 (ex Coronavirus) car il est bien connu que quand on la grippe manger une tangerine ne peut qu’être bénéfique. Mais celle là il fallait quand même l’oser.

S’ensuivent des reprises de standards élégamment éxécutés When a woman loves a manYour love is here to stay (Gershwin) ; So easy to love (Cole Porter) : les chorus s’échangent, Thibaut François se lance et ça chantonne en même temps ; de jolis dialogues s’intallent entre piano et guitare. Les deux gars sont complices de longue date. What a little moonlight can do (au passage on apprend que ce standard fait partie du répertoire que l’ensemble vient d’enregistrer en studio et que donc si tout se passe bien on devrait disposer d’ici quelques mois d’un CD souvenir).

Les morceaux sont toujours emaillés de chorus « au T.O.P. » principalement de Thibaut François qui est mis à forte contribution.

Après un passage prolongé au bar (pause oblige) le concert reprend sur la même veine.

Des standards et encore des standards.

On a Misty night (Tadd Dameron) ; To close for comfort (cf LA version de Peterson dans les 70’s  suggérée par l’ami Yves Dorison très affuté sur ses bases)

Moon and sand un standard peu connu mais qu’Hetty Kate affectionne particulièrement.

Social call du saxophoniste Charlie Rouse et du trompettiste Red Rodney,  ici rien à voir avec la version de Cécile McLorin Salvant. Hetty en profite pour nous rappeler une vanne melbournoise sur les saxophonistes … qui lui a valu quelques déboires à Paris avec la classe des saxophonistes.

When I fall in love (Nat King Cole), une « extremely romantic song », idéale pour ce 14 février.

Tout doucement un tube de Blossom Deary, la seule chanson en français de la soirée

Rappel sur un Cherokee rondement mené.

Non seulement le trio ne volait pas son nom « au top », mais Hetty Kate est une chanteuse attachante et extremement « pro ». Elle maîtrise « l’entertainment » avec naturel. On ressort de ce concert avec une banane dont on a du mal à se départir.

Chapeau les artistes !

 

NdlR : Merci à Yves Dorison de Culture Jazz pour le prêt de quelques photos

Ont collaboré à cette chronique :

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