(69) RhôneJazz Club Saint Georges

15/02/2020 – Spri Trio au Jazz Club Saint Georges

Une toute nouvelle formation. Trois amis qui ont envie de s’amuser et de se faire plaisir. C’est le sens du terme « spri » en gaélique (John Owens, le guitariste est Irandais). Jules le Risbé (prononcer le “s”, il y tient) est à l’orgue et Gabriel Rigaud à la batterie. On connaît les deux premiers pour les avoir vu plusieurs fois au sein du « Naïma Quartet », lauréat à Crest il y a deux ans.

Un trio tout frais qui sort de studio hier et vient se présenter pour la première fois en public ce répertoire de compositions.

Le set débute avec énergie avec Intense et Down the line. Deux compositions vitaminées où chacun trouve l’espace pour s’exprimer.

Long time no sea (il faut le lire pour trouver un jeu mot avec l’expression « Long time no see ») calme le jeu en mode ballade

Say what you see une composition élégante où John Owens sort le grand jeu dans un style très « scofieldien ».

Arrive l’un des seuls standards du concert Full house de Wes Montgomery, John est très inspiré par ce guitariste ainsi que par Grant Green. On est donc sur de bonnes bases.

Magic jacket, un blues électrique qui porte bien la marque de ce jeune trio. John et Jules se partagent la scène dans des dialogues qui fleurent bon la tradition. Ici on pense à Lucky Peterson organiste et guitariste.

On reprend le fil du concert après la pause réglementaire avec un autre blues, toujours une composition : Miraillet. C’est calme et John se fait plaisir … et nous avec.

Vic’s bounce, probablement une composition de Jules vu la place réservée à l’orgue. Ça va vite et les trois musiciens s’amusent, ils sont tout sourire et le public adore.

Ce n’était pas prévu mais à la pause ils ont décidé de jouer un autre standard, il s’agit encore d’une reprise d’un guitariste : Kenny Burrell : Chitlings con carne de 1963.

Lovcen est né d’un voyage en solitaire réalisé par John au Monténégro. Lovcen est un parc national de toute beauté et visiblement inspirant. Il s’agit d’une composition avec une introduction très impressionniste dans un registre bien différent de ce qui nous avait été proposé jusqu’ici. Et puis la machine s’emballe à nouveau pour virer jazz rock.

« Et comme on se sent chez nous ici on va finir avec un morceau qui s’appelle My house« . Il faut dire que Roger Boghossian le patron des lieux a été enthousiasmé par la prestation du Spri Trio et a annoncé au milieu du set que ça serait le coup de cœur du jazz club pour le trimestre. Ce club plein de générosité et passionné de jazz a vibré du début jusqu’à la fin parce qu’il a bien fallu qu’il y ait une fin . 

Pour le rappel le trio se lâche avec One note boogie, un morceau très speed inspiré de la musique de Franck Zappa.

Belle soirée où le plaisir fut partagé de part et d’autre de la scène. On devrait revoir le Spri Trio ici même pour le lancement du CD. 

Ont collaboré à cette chronique :

X