Chaque concert est unique. Mais on a souvent a priori une idée du plaisir qu’on y trouvera, ou pas. Le concert que le groupe XXL, le bien nommé, a donné hier soir au Jazz club de Grenoble, était surprenant, déroutant, et, en ce qui me concerne, une expérience musicale très réussie.

L’originalité et l’inventivité de leur musique oblige le public à être disponible à la surprise, à être disposé à voyager dans une multitude de genre musicaux. Bref à être actif, tout en se laissant entraîner vers des univers inattendus.

XXL est un groupe lyonnais à la taille correspondante : 7 musiciens de grand talent. Autour de David Suissa, chanteur compositeur en langue française, ce qui est particulièrement intéressant, le saxophoniste-ténor et arrangeur Eric Prost a eu la bonne idée de réunir le saxophoniste-alto Boris Pokora, le tromboniste Simon Girard, le bassiste Greg Theveniau, le guitariste Thibaut François et le percussionniste Fabien Rodriguez.

Ce très sympathique et très complice groupe de musiciens, après s’être échauffé avec un standard Side winder de Lee Morgan, a joué les morceaux de leur nouvel opus : XXL des enchantés du bocal.

Les textes en français de David Suissa ne sont pas anodins, ils parlent de notre société, et ils invitent à ressentir multiples émotions que leur musique illustre magnifiquement. Gagner du temps, que le groupe a rejoué en rappel, parle de la planète en danger et du désespoir engendré. La musique douce aérienne accompagnant le chant se transforme soudain en une envolée tonitruante, hystérique, proche du hard-rock.  Autre surprise : Libertum, ça commence comme une marche militaire pour évoquer l’élection de Monsieur maître nageur ! On devine l’ironie de ce texte que David slame.

Les solos remarquables et puissants de chacun des cuivres, de la batterie et de la guitare, la stature rassurante et fiable de la basse, leurs changements de rythme permanent, contribuent à faire de cette musique à la fois déjantée et  subtile, leur marque de fabrique.

Avec Stray cats, ils chantent tous aussi, avec Momie on a droit à un faux air de twist. Avec Quand je perds, plusieurs ambiances sont proposées. Avec Obsession ils se lâchent littéralement, le rythme devient entêtant, lancinant et tous se laissent entraîner par le solo magistral du saxophone de Boris.

Soirée mémorable, expérience musicale unique.

Ce jeudi-là au Jazz club de Grenoble, ça déménageait !!

 

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