Un Périscope bien rempli accueille Ozma pour sa troisième prestation dans la salle perrachoise. Du fond de scène, le batteur Stéphane Scharlé introduit le projet Hyperlapse que le groupe présente actuellement. Ce septième album, sorti le mois dernier chez Cristal Records, évoque une dizaine de villes visitées lors de leur tournée mondiale. Tourné vers jardin, le manche de guitare du gaucher Tam De Villiers fait face à celui de la basse du droitier Édouard Séro-Guillaume orienté vers cour. À l’avant, le tromboniste Guillaume Nuss et le saxophoniste Julien Soro complètent le pentagone. C’est parti pour un concert à géographies variées !

Le premier voyage nous emmène en Chine avec Clay Army dédié à la foisonnante ville de Xi’An. Puis l’on fait étape en Allemagne : Hambourg avec Hyperlapse puis Lübeck avec Die Gilde. Dédié à la photographe Leïla Alaoui (1982-2016), À Leila se pose à Marrakech avant le retour en Chine, à Beijing pour Dust City

Après l’entracte, le second périple démarre en Inde. On atterrit  à Ahmedabad pour Spleen Party, s’emballe à Mumbai, en Tuk-Tuk Madness. On calme le jeu en Indonésie, à Jakarta avec Infinite Sadness avant de se déhancher au Zimbabwe sur  One Night in Bulawayo. 

Deux rappels prolongent les festivités. Arthur est remercié pour son travail à la console. On se quitte en douceur, en Indonésie, à Purwokerto, Entre chien et loup

Ozma propose un jazz qui réussit l’osmose entre une batterie survitaminée et les sonorités originelles ou tripatouillées des autres instruments ainsi qu’une petite dose de sons synthétiques. La géométrie est variable : tutti, dialogues, duos, duels, soli se succèdent sans temps mort. Le quintet laisse toute sa place aux improvisations dans les compositions bien structurées du batteur qui utilise surtout ses baguettes, un peu ses mailloches et avec parcimonie ses balais. Le saxophoniste et le bassiste délaissent çà et là leurs instruments au profit de synthétiseurs. Le guitariste utilise avec justesse ses différentes pédales à effet tandis que le tromboniste évolue entre déluges de notes et piques sonores plus ou moins trafiquées. L’ensemble ne manque ni de puissance ni d’énergie mais sait aussi se montrer doux et serein avec la même pertinence. Qu’il soit connaisseur ou néophyte de leur musique, l’auditeur d’Ozma a manifesté sa satisfaction par une standing ovation tout à fait méritée. Il semblerait que quelques disques se soient vendus à l’issue de cet enthousiasmant concert…

Pour celles et ceux qui seraient en quarantaine, qu’ils parcourent la web-série du groupe… ( https://www.youtube.com/playlist?list=PLs0pYkjt6MHpEa5SQ84nIMuwZCclDvfz5 )

Ont collaboré à cette chronique :

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