(38) IsèreJazz'Alp

07/03/2020- Xian’s Bô Trio à Jazz’Alp

Changement complet d’univers avec le trio Xian’s Bô créé par Christian Belhomme. Le musicien normand d’origine et désormais drômois s’est fait connaître par des collaborations avec Steve Shehan  et des musiques de film. Avec ce projet il nous dit avoir plaisir de revenir à la scène devant un public. La promesse d’un voyage au gré des souvenirs. Le Cachemire, la Caspienne, les Amériques, l’Afrique, notre terre quoi !

Pour entamer ce concert-voyage, Manuel Decoq nous parle, évoque des mondes sublimés par l’imaginaire et nous prend par la main.

Il s’agit d’impressions de voyages qui nous emmènent au Mexique des descendants des Incas. Dans l’oural. En la Serbie. Ici les musiques alternent entre folklore et classiques locaux, les ambiances sont parfaitement restituées. Il suffit de fermer les yeux pour un voyage immobile.

Riverman une reprise du morceau de Nick Drake nous transporte dans le Kent au bord d’un ruisseau. Ambiance feutrée et apaisante. Morceau propice à une improvisation au violon qui fait s’ouvrir les visages des autres musiciens qui apprécient cette liberté. Le trio vire au jazz tout naturellement. Le violoncelle passe en mode « walking ».

Ne me poo, le 5 octobre 1877, Éric Longworth nous conte l’histoire des indiens « Nez percés » et de leurs fameux chevaux Appaloosa, de l’inégale lutte avec l’armée des jeunes États Unis et des légendes qui en naquirent. Christian Belhomme se sert d’une surprenante flûte basse amérindienne.

Une légende scandinave est prétexte à exploration de sons étranges de part et autre.

On bascule en Afrique, au Burkina Faso pour un chant de travail destiné à donner du cœur au ventre aux moissonneurs.

Le train est une composition créée pour le festival inspirée d’un court passage de « La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France » de Blaise Cendrars

«Et je reconnais tous les trains au bruit qu’ils font
Les trains d’Europe sont à quatre temps tandis que
ceux d’Asie sont à cinq ou sept temps
D’autres vont en sourdine sont des berceuses
Et il y en a qui dans le bruit monotone des roues me
rappellent la prose lourde de Maeterlink
J’ai déchiffré tous les textes confus des roues et j’ai
rassemblé les éléments épars d’une violente beauté
Que je possède
Et qui me force. … »
source https://tierslivre.net/spip/IMG/pdf/Cendrars_Transsiberien.pdf

Fin du set sur une adaptation d’un extrait de Le Voyage de Baudelaire. Poésie encore, et moment de grâce.

Jolie fin qui donne un coup de douceur onirique. Chose dont nous avons tous tant besoin en ces périodes perturbées. Le public est scotché.

Pour le rappel, le trio nous interprète une version sublime violon/violoncelle/voix puis clavier de Calling You le morceau emblématique de la B.O. du film « Bagdad Café » (Percy Adlon 1987). Christian Belhomme loin  de vouloir s’approcher de la version de Jevetta Steele en donne une version personnelle et intense. Respect !

 

Christian Belhomme: claviers, percussions, voix, compositions ; Eric Longswoth: violoncelle ; Manuel Decoq: violon, duduk

Ont collaboré à cette chronique :

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