(38) IsèreJazz'Alp

08/03/2020- Lisa Urt Quartet à Jazz’Alp

Pour la journée de la femme, le festival a mis un point d’honneur à inviter une chanteuse.

Lisa Urt vient nous présenter son niveau projet « Frenchy and jazzy « (à sortir le 30 avril) avec la ferme intention de nous montrer que jazz et langue de Molière font bon ménage. La couverture est une référence à peine dissimulée à Lady Day. Il va falloir assurer !

Quand tu souris débute le premier set, forcément on pense à When you smile et Lisa sans se forcer nous distribue moult sourires gracieux. Le baromètre s’affole.

C’est un beau jour, autre titre positif qui achève de nous mettre à l’aise.

Desafinado est interprété en Français avec de grands écarts vocaux. On peut à ce stade mesurer toutes les qualités vocales de Lisa Urt.

Água De Beber est également interprété dans notre langue et ça passe bien.

Après les standards, place aux compositions comme l’Africaine dédiée aux femmes en ce jour de fête et plus particulièrement aux mères. Lisa en profitera pour faire chanter la salle.

The woman I am sera chanté en Anglais et en Français, il s’agit de la première chanson d’amour composée par Lisa Urt “et pourtant je n’ai pas la bague” dit-elle (avis aux messieurs).

Pour la reprise du second set, Lisa propose un hommage à Nina Simone avec une adaptation de I love you Porgy, dans une version un peu plus “soul” avec à la clef de jolies prouesses vocales.

Toc toc toc, une composition du contrebassiste Sergiu Brasovean, revient au swing version made in France c’est à dire au manouche. Style que cette formation adopte avec naturel.

Chabadabada est une chanson légère et gaie comme celles que chantait Blossom Dearie et le public est mis une fois de plus à contribution.

Retour au manouche avec une composition de Dimitri Hàlasz le guitariste “à la grande bouche” : Ydile gitane.

Avec White teacher on bascule sur du gospel et là encore Lisa est crédible tant au niveau du message d’amour et de la voix. Avec son chignon et sa puissance vocale, elle me fait irrésistiblement penser à Liz Mc Comb.

On s’achemine vers la fin de ce généreux concert de près de deux heures avec un Sometimes I feel like a motherless child qui alterne entre manouche et blues. La voix est rodée, plus besoin de micro, il y a du coffre!

Rappel sur une composition Gospel Swing qui marie les deux genres et on enchaîne sur un L.O.V.E. énergique et « manouchisé ».

Lisa Urt est une jeune chanteuse qui déborde d’énergie et de bons sentiments. Gracieuse et élégante (ce n’est pas moi qui le dit mais les dames assises derrière moi, et j’abonde), elle a un don vocal indéniable et a trouvé un filon astucieux en déclinant son répertoire dans un style manouche adapté au jazz vocal. Elle est très bien servie par ses fidèles musiciens qui lui ont permis de « grandir » depuis plusieurs années  (voir la chronique de Michel Mathais lors de son passage au RhinoJazz(s) 2018)

Lisa Urt: voix ; Marc Pouplin, Dimitri Hàlasz: guitares ; Sergiu Brasovean: contrebasse

Ont collaboré à cette chronique :

X