(38) IsèreJazz Club de Grenoble

12/03/2020 – Janysett McPherson Quartet au Jazz Club de Grenoble

« La musique est le meilleur antidote contre les virus » a déclaré Janysett McPherson en commençant son concert ce jeudi.

Paroles bien venues dans cette ambiance étrange dans laquelle nous sommes plongés actuellement, et on en a profité. Il faut dire qu’avec Janysett, on n’avait pas d’autre choix !

Extrêmement sympathique, multi-talentueuse et généreuse, ces adjectifs qualifient parfaitement cette compositrice, pianiste et chanteuse, qui mène tambour battant son quartet composé de Domenico Viccaro à la batterie, Ivan Bridon Napoles aux percussions et Jérôme Regard à la basse.

Cette fois encore, c’est un voyage original, teinté de soleil cubain, de standards américains et de bonnes chansons françaises, qui nous est proposé.

Janysett, à la personnalité très affirmée, met son talent et son sourire au service d’une musique réjouissante. Sa voix puissante et chaude accompagne des compositions originales, métissées, dans lesquelles l’influence cubaine n’est jamais loin. On se régale avec Syracuse d’Henri Salvador, Les feuilles mortes de Jacques Prévert et Joseph Kosma, La Bohème de Charles Azenavour, La Vie en rose d’Edith Piaf, qu’elle « décompose » à merveille, redonnant une vitalité swingante et une couleur chaloupée à ces standards français.

Elle revient à ses fondamentaux, notamment à ces rythmes cubains des années 40, lorsque Cuba était encore la « danseuse » des États Unis et que la confluence de leur musique et de la langue espagnole inventait le « movimiento filin », dont Omara Portuondo, Cesar Portillo de la Luz, sont des figures marquantes. Tu, mi delirio, Busca tu fé, caja, parlent d’amour avec douceur et délicatesse.

Pour cette show-woman très attachante, les musiciens donnent tout leur talent, ensemble ou en solo, emportés par les rythmes de rumba et de salsa. Un satisfecit particulier à Jérôme Regard qualifié par Janysett de « héros de la soirée » qui a remplacé au pied levé le bassiste habituel retenu en Italie Peppo Matino.

Cerise sur le gâteau : Alfio Origlio s’est mis au piano et a accompagné Janysett dans un standard américain Night and Day. Ce fut un moment de piano à quatre mains intense d’inventivité.

Après tant de musique dynamisante, le covid-19 n’a qu’à bien se tenir !

Ont collaboré à cette chronique :

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