(38) IsèreJazz'Alp

12/03/2020- Michel Fernandez Quartet à Jazz’Alp

Où l’on retrouve une formation que nous suivons avec assiduité dans nos colonnes.

Avec le quartet de Michel Fernandez on est assuré de faire le plein d’émotions et souvent de nouveautés.

Pour se mettre en jambes, les quatre compères démarrent le concert avec Bird boy de Don Cherry. Un « amuse oreilles ».

Puis Michel Fernandez nous précise que ce soir nous allons entendre pour la première fois en public un tout nouveau répertoire qui vient de faire l’objet d’une séance de studio. Bingo ! Le prochain album s’appellera « Sans frontière(s) « .

Au rayon des nouveautés, cela commence avec Elzear une ballade composée par le batteur Nicolas Serret.

Beaucoup plus énervé suit ForrestFrançois Gallix n’hésite pas à « percussionner » sur sa très belle contrebasse et Benoît Thévenot de se percher vite et fort. L’Afrique chère à Michel Fernandez n’est pas loin.

Un arbre planté  débute par un très long solo de Nico à la contrebasse avant que les trois autres le rejoignent sur une « fausse » valse qui prendra bien vite force et vigueur. Michel au soprano s’envole. Puis Nicolas enchaîne sur un long chorus aux baguettes puis aux mailloches. Instinctivement la banane se dessine sur les visages sur scène comme dans le public.

Pour la figure imposée du train* Michel présente une nouvelle composition Le train panthère. Un blues où Benoît sort le meilleur de son clavier.

Fin de la première partie. Direction la buvette où le public n’hésite pas à dialoguer avec les musiciens, à les congratuler. Le charme des petits festivals à taille humaine.

Reprise du second set avec Soledad. Encore un voyage radieux. La rythmique abat un superbe travail d’embellissement. Un tapis volant pour le ténor très en forme. Et puis ces musiciens aiment prendre leur temps. Quand Benoît Thévenot entame un solo, il ne le fait pas à l’économie. Ses compères le scrutent et dégustent, et nous avec.

François Gallix nous avait prévenu quelques minutes avant : « Ce soir c’est peut être notre dernier concert. Lundi la vie peut s’arrêter. Alors on va continuer à tout donner ». Un vrai cadeau.

Changement d’ambiance avec Hypnotango extrait du précédent album très remarqué « Mélange de rages ». On poursuit avec Brazza Cry d’un autre album.  Toujours l’Afrique si chère à Michel. François éructe (cry) tout en jouant. La température monte. Benoît nous gratifie à nouveau d’un somptueux chorus. Les guibolles commencent à vivre leur vie en toute liberté! Yeah!

Après un tel effort, on calme le jeu avec un passage chez Monk et son élégante ballade Reflections. Calme, mais quel groove de part et d’autre ! Le sax pleure avec émotions. Nous les partageons.

On s’achemine vers la fin du concert avec Chaudière, morceau plutôt free où chacun part dans ses élucubrations. Une fois en tutti le morceau s’assagit sans perdre de son énergie.

Pour le rappel, le groupe appelle l’ingénieur du son, Pascal Billaud, sur scène avec son sax alto. Ils se lancent dans une composition Colo et Pascal s’en sort plus que bien. Il suffit de voir les dialogues qui s’instaurent entre le ténor et l’alto pour comprendre la magie du moment. La salle est enthousiaste et en redemande.. ça sera Turnaround d’Ornette Coleman.

En conclusion, nous avons apprécié des gars qui ont des tripes et qui savent prendre du plaisir à jouer ensemble et à le transmettre.

 

*Pour rappel, il a été demandé à chaque groupe de cette édition de présenter un morceau en rapport avec la thématique du train pour honorer la reprise du « petit train de La Mure » en 2020.

Ont collaboré à cette chronique :

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