Le Funambule trio après plusieurs années a rencontré Aloua Idir pour devenir le quartet Nomades.

Il s’agit d’une rencontre surprenante de quatre instruments que l’on voit peu ensemble. Flûte, tuba basse, sax alto et donc oud.

Il a fallu composer un répertoire pour cet ensemble.

Nomades nous propose sa musique, ses musiques, empruntes de traditions orientales et occidentales.

Avec Nomades nous sommes conviés à un voyage, un pont entre deux cultures qui ne demandent qu’à dialoguer, à échanger, à s’interpénétrer.

On commence avec Oxybop de Laurent Guitton, le tubiste qui ne cessera de nous surprendre tout au long du concert.

Puis Ayum (Maman) d’Alaoua Idir (oud) et Funambule d’Alain Angeli, le sax alto.

Nomades, qui débute avec un rare solo de tuba basse « en fa »qui se prolonge par un thème lent, rythmé et élégant tel le déplacement d’un convoi à l’époque où l’on prenait le temps. Sax alto et flûte s’envolent, le thème s’emballe, l’univers change.

Play the groove nous montre encore une fois (NdlR: ce qui va faire plaisir à Nicolas Pommaret, tubiste émérite) que le tuba est un instrument qui peut s’autoriser des chorus voire des chorus.

Break pour la réhydratation indispensable.

Reprise avec Highlands de Etienne Lecomte (flûte) il s’agit de l’histoire d’un trek avorté dans un désert que l’on n’imagine pas à notre porte, dans les Highlands au nord de Glasgow.

Pour Mirages Aloua Idir utilise un bottle neck ce qui est assez peu commun avec un oud et amène une sonorité des plus étranges à l’introduction.

Pour le thème du train souhaité par le festival le quartet propose Station centrale qui débute par un surprenant solo de tuba qui produit des sons, des bruits qui font sourire musiciens et public avant de poursuivre le cours normal du morceau.

Après un thème bulgare traditionnel très enlevé le voyage s’achève du côté d’Alep, dernières traces d’Orient de la soirée.

Pour le rappel ça sera la Gnossienne n°3 d’Erik Satie que l’on reconnaît sur les dernières mesures.

Gérard Duchamp nous l’avait promis, nous avons eu droit à un beau voyage en dehors des sentiers battus.

Ont collaboré à cette chronique :

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