(69) RhôneConcert à domicile

20/06/2020 – Tatanka Trio « at home »

Avec les fermetures des clubs et des salles, les musiciens doivent trouver de nouveaux endroits pour rencontrer leur public. Aujourd’hui Emmanuelle Legros joue pour la première fois dans le jardin de ses parents à Tassin-la-Demi-Lune. Catherine la maman accueille avec gentillesse le public, Gilles, le papa, nous présente avec fierté (méritée) son jardin en permaculture, « l’avenir du jardinage urbain ». Un endroit magnifique à quelques minutes du coeur de Lyon.

Effectivement, de plus en plus de musiciens se tournent vers des concerts « à domicile » et des tourneurs ayant pignon sur rue incitent les particuliers à recevoir des musiciens pour des « petits » concerts. Pensez-y.

Pour ceux qui l’ignoreraient, Tatanka signifie bison en langue sioux. Nous sommes prévenus, ce trio va nous emmener vers des racines plus ou moins imaginaires.

Le set débute sur un univers très « Tatanka » un mélange de mélodies et d’effets. Des recherches tant au pupitre de la trompette d’Emmanuelle que de la batterie/percussions où Corentin Quémener entame sa partie à l’aide de trois cymbales jouées au sol. Pas courant. Guillaume Lavergne dispose lui d’un classique Fender Rhodes et d’un synthé Yamaha qu’il triture en tous sens.

On change de tribus pour Le jour d’après la nuit inspiré de la musique pygmée.

Homo sapiens est un morceau avec de nombreuses vocalises (et ça c’est nouveau chez Tatanka) composé par Corentin.

Arrive « un morceau de jazz » évidemment la question fuse « c’est quoi le jazz ? » et Corentin se lance « j’ai une réponse. » Ah!!!! Enfin !!! « C’est comme l’amour quand on aime on aime, le jazz quand on dit qu’on en fait c’est du jazz ». Effectivement Thelonius est un habile mélange de citations du pianiste et d’arrangements maison.

De nombreuses nouvelles compositions émaillent ce set, une musique très libre où chacun s’offre des improvisations.

Puis arrive Crazy danse, une danse indienne pour célébrer le retour de la lune après l’éclipse, un morceau vif et nerveux à souhait.

Tout au long du concert on est touché par le son d’Emmanuelle tant à la trompette qu’au bugle, c’est rond et soyeux. A ses côtés, ses acolytes débordent de trouvailles qui confèrent une tonalité très particulière à leur musique. Le petit piano Fadsioli, les boîtes à musique, les jouets d’enfants, le petit carillon.

Rappel sur Force encore de Corentin. Un morceau qui conclut avec vigueur et rythme ce set original.

Nous avions beaucoup aimé leur premier album « Baïkal », on apprend qu’un second est en route. Vite !

Ont collaboré à cette chronique :

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