(69) RhôneLa Clef de Voute

26/06/2020 – Wilhelm Coppey Trio joue Gene Harris à La Clef de Voûte

Cédric Perrot nous met à l’aise d’entrée de jeu la soirée sera placée sous le signe du hard bop et des ses racines blues avec la présentation d’une partie du répertoire d’un pianiste au style très reconnaissable, Gene Harris (1933-2000) « bopper qui suinte le blues ».

Pas le temps de se poser que le set débute sur un Broadway échevelé où Wilhelm Coppey nous montre qu’il avait bien envie d’en découdre avec son clavier .

Effectivement la version « harrisienne » de Besame Mucho n’a pas grand chose à voir avec le sirop latin auquel nous sommes habitués. A la contrebasse, Florian Coppey (le fils de …) tricote sévère avec une aisance que nous lui découvrons. 

Arrive ensuite la première ballade de la soirée Angel Eyes … mais avec un gros groove qui l’anime. Les trois musiciens savent qu’ils nous livrent ici des arrangements peu courants et sourient aux intentions qu’ils présentent. Le plaisir est communicatif.

Wilhelm est visiblement un grand fan de Gene Harris et ne manque pas de nous évoquer quelques point de son histoire comme son fabuleux trio « The three sounds » qui a eu son heure de gloire dans les 60’s et d’embrayer sur l’un de leur tubes Bass Face.

On passe ensuite par les grands aînés à commencer par Geschwin et son Our love is here to stay puis le Duke et son Don’t get around much anymore.

On finit le premier set avec Baubles, bangles and beads, rien à voir mais absolument rien à rien voir avec Sinatra, mais quel tempo !

A la pause Cédric m’explique que Gene Harris fait partie de ces musiciens trop méconnus comme Hampton Hawse où d’autres qui ont fortement influencé leur époque sans laisser une trace indélébile.

Cela nous promet une soirée dédiée à ce dernier.

Reprise après la récréation réglementaire. L’esprit ne change pas. Swinging at the heaven d’Ellis Marsalis (qui nous a quittés il y a quelques semaines). Bon on ne va pas direct au paradis mais ça swingue sérieux et c’est le genre de morceau qui transmet la banane.

On continue avec un autre standard de référence Come rain or come shine des Jazz Messengers à l’époque de Bobby Timmons au piano. Encore une version très différente de ce que nous avons l’habitude d’entendre. Une fois encore Florian Coppey prend des chorus très bien maîtrisés. 

Arrive ensuite une délicieuse reprise de Ruby my dear de Thelonius Monk, ballade toute en douceur.

Retour à du guilleret avec un Casbah de Tadd Dameron très latin.

On continue la course poursuite avec le très vif Infra Rae de Hank Mobley, ça tricote grave. Et sur la fin Cédric se lâche comme rarement, je n’étais pas loin de son Tom, mon tympan s’en souvient.

Heureusement avec Easy Walker (de Biliie Taylor) on revient à des choses plus raisonnables 😉 …qui finit trop vite ce concert vif et enthousiaste.

Used’TaCould’ de Christian McBride entamé avec les mains du public, sur le 2 et le 3. Un blues pur sucre qui conclura ce concert.

Le public étonnamment jeune (en majorité moins de la trentaine) ce qui vaut la peine d’être souligné a pour la plupart assisté pour la première fois à un concert de jazz et a vraiment aimé.

Ont collaboré à cette chronique :

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