(69) RhôneHot Club

28/06/2020 – Mario Stantchev en trio au Hot Club

Où l’on se retrouve enfin au Hot Club de Lyon, le mythique caveau de jazz, pour un vrai concert avec un superbe trio. Voyez donc : Mario Stantchev est au piano et il a choisi pour l’accompagner deux éminents piliers du club, Christophe Lincontang à la contrebasse et Zaza Desiderio à la batterie. C’est la première fois que ces trois-là jouent ensemble. Un bel attelage pour ce concert un peu spécial. En effet, il sont trois sur scène et neuf dans la salle, techniciens et public compris. Il s’agit vous l’aurez compris d’un concert en live streaming, c’est à dire diffusé en direct sur le site du club et Facebook.

C’est la seconde fois que le Hot Club organise ce genre de concert (voir ici celui du 31 mai). Une efficace manière de se rappeler au bon souvenir de ses aficionados.

 

Le set est annoncé avec des compositions de Mario Stantchev mais il débute avec deux reprises : East of the sun and west of the moon et James de Pat Metheny. Mario ne se gêne pas pour adapter ces standards à sa sauce et les citations classiques et baroques émaillent ses versions.

Les répétitions ont dû bien se passer car on sent ces trois musiciens -qui se découvrent ensemble- très en confiance. Cela se mesure aux échanges et sourires qui circulent dès les premières minutes du set.

Mario présente ensuite ce qui va venir comme un hommage à Beethoven que l’on célèbre cette année.

Nezna (« Je ne sais rien » en Bulgare), une mélodie entêtante qui se répète à la manière du Boléro, avec pour la conclusion une intervention libératrice de la part de Mario.

My left hand qui comme son nom l’indique est un hommage à sa sénestre, abat un gros boulot. Derrière ou à côté, Zaza propose des rythmes atypiques qui stimulent le pianiste, Christophe accompagne, enveloppe, caresse et ferme le ban. Le tout est merveilleusement étrange et équilibré.

Take the wrong train est évidemment un clin d’oeil à Duke Ellington. Le morceau débute par une évocation du thème original avant de partir dans les humeurs de Mario. Les idées fusent, Zaza prend la tête du train sur la fin et nous offre un brillant chorus. Les musiciens s’amusent, le maigre public aussi. Il doit en être de même devant les écrans.

Avec Little song on calme le jeu avec une jolie mélodie (pas si calme que ça) qui permet à Mario quelques échappées de sa main droite.

 

Fin de ce trop court set par une « quasi composition » Stella in Mexico. Un thème vif et gai du genre à vous amèner inconsciemment à sourire de plaisir. La composition est enchaînée avec un Blue Monk de Thelionous Monk bien trafiqué comme on les aime. 

Cela est une évidence, nous reverrons ces trois musiciens ensemble car la synergie a bien fonctionné et ils ont de suite imaginé une prochaine rencontre.

 

Pour revoir ce concert : https://youtu.be/YcAEQPDf6lo?t=1120 

Ont collaboré à cette chronique :

X