(69) RhôneBémol 5

03/07/2020 – Jane Cockell et Jean-Louis Almosnino au Bémol 5

Jane Cockell nous propose ce soir un mélange de répertoires c’est à dire des standards du jazz vocal, des futurs standards (des tubes de nos jours qui ont une chance de passer à la postérité en étant repris par d’autres) et de la chanson française. Un programme qui présente bien.

On a sunny side of the street débute le set avec une version très personnelle. Une jolie voix. Une labialisation parfaite (normale pour une chanteuse d’origine anglaise), un léger trémolo du genre vintage, dès respirations bien placées, de l’amplitude maîtrisée. Et au milieu de tout ça Jean-Louis Almosnino qui remplit de nombreux rôles avec sa seule guitare. Accompagnateur, bassiste, soliste. Entre deux couplets, il nous régale de chorus aux petits oignons.

In a sentimental mood nous fait encore cheminer dans ces vieux tubes que chacun  imprime de sa personnalité. Ici la chanson est reprise sur un tempo très lent.

Don’t know why de Norah Jones entame la série des morceaux récents. Encore une fois le style de Jane couplé à la technique de Jean-Louis en font une version toute personnelle.

On passe à la chanson française : La mer d’abord en français puis en anglais Beyond the sea.

Après My funny Valentine, Jane nous offre une explication sur les paroles de la chanson, ce qui est toujours bienvenu quand on ne cause pas trop la langue de Shakespeare.

Changement de genre avec du blues ou Jane est encore très à l’aise : The bitter end et Grandma’s hands de Gregory Porter où là encore Jean-Louis est très à l’aise

Sur La Javanaise Jane appelle le public à la rescousse, facile … tout le monde connaît les paroles et la mélodie. Alors le public a participé à la hauteur de ses compétences.

Retour aux standards avec un It’s wonderful entamé avec un sourire radieux et communicatif.

Le set s’achève par Lush Life de Billy Strayhorn. Une chanson compliquée à chanter et bourrée d’émotions.

Le second set débute avec un des tubes de Mélody Gardot Baby I’m a Fool. Dès les premières notes, la chanteuse nous plonge dans son univers riche de sentiments.

All of me nous ramène dans les standards et c’est aussi l’occasion pour Jane de nous montrer qu’elle scatte avec talent.

Just a two of us du regretté Bill Withers et immortalisé par Groover Washington Junior. On devrait entendre plus souvent ce morceau en concert !

Retour à de la belle chanson française avec C’est si bon,  si délicieux quand chantée avec un délicat accent anglais. On se rappelle bien sûr de la version d’Yves Montand, mais il y en a eu tellement d’autres.

Turn me on de Norah Jones. Là encore Jean-Louis nous montre qu’il est « tout terrain » et accompagne magnifiquement la chanteuse sur ce tube de  folk music . Jane de son côté ne ménage pas ses effets. Quelle maîtrise !

Sway est un autre tube que chacun a en tête ici et où il prend, en duo, une tournure particulière en nous rappelant l’immense Dean Martin.

Comme on est sur les vieux tubes, on peut réentendre Prelude to a kiss de Duke Ellington (1938) sur un mode très classique. Fort naturellement on poursuit avec un L.O.V.E. enjoué.

Le concert se finit avec deux classiques After you’ve gone et There will never be another you.

C’était la première fois que je voyais Jane Cockell en concert et je regrette de ne pas l’avoir fait avant.

Ont collaboré à cette chronique :

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