(38) Isère

26/07/2020 – Abigoba Sextet à Bourgoin-Jallieu

Un concert d’Abigoba c’est toujours la garantie d’un plein de bonnes vibrations. Pensez donc, cela fait désormais vingt ans que Jean-Luc Briançon a fondé ce groupe qui est devenu une référence régionale et nationale dans l’univers du jazz fusion / « jazz urbain ». Déjà à l’époque le percussionniste Franck Boutin-Albrand faisait partie de l’aventure. Les autres équipiers ont changé mais depuis plusieurs années on retrouve Raphaël Minfray à la trompette et au bugle, Yann Van Eijk à la batterie, Terence Vincent à la basse et aussi la magnifique chanteuse Sabine « Matomswe » Kouli. Il arrive que la formation invite d’autres musiciens (Erik Truffaz, China Moses, Nora Kamm, Jordi Tisserand …) mais ce soir à Bourgoin-Jallieu c’est le sextet de base, le noyau dur que l’on retrouve.

La ville de Bourgoin-Jallieu a eu la bonne idée après l’abandon de ses festivités programmées durant l’été de confier une partie de son budget à Nasser Yahiaoui , responsable de la dynamique association « Vibrations Mystiques ». Il a donc décider d’organiser toute une série de concerts dans le square Réhau parfaitement adapté pour recevoir du public dans le respect des règles sanitaires. La fête est populaire. La buvette tourne à plein. La fumée des merguez remplace avantageusement celle des machines à fumée. Le public s’installe par petits groupes et assiste à plusieurs concerts d’affilée. Les gens ont tout simplement l’air heureux d’être là. Ensemble.

Après une panne électrique , le programme a subi un gros retard. Qu’importe. Abigoba s’installe. Sabine Kouli se fait la voix seule sur le devant la scène. C’est déjà un cadeau. Un court check des autres instruments et le concert débute. Après près de dix albums au compteur, le groupe nous a concocté un nouveau projet. Las ! Nous n’en découvrirons qu’un titre en ouverture The jazz soulmates qui sera également le titre de l’album. La suite en septembre. Vite!

Le concert déroulera un petit nombre des nombreux titres du répertoire d’Abigoba. On retiendra en particulier la version vibrante de Darwin’s Nightmare, un des tubes de l’excellent album « Fragments of human voice & words » (de 2009, dejà !) avec une Sabine époustouflante. Ce serait injuste de ne pas évoquer la présence quasi permanente de Raphaël Minfray que ce soit au bugle où la trompette avec sourdine. Il s’appuie sur la rythmique impeccable du combo et s’envole dans la stratosphère. On retient aussi la complicité avec Franck Boutin-Albrand, les dialogues bugle/percussions qui se concluent dans de grands éclats de rires complices. Que du bonheur. Terence Vincent n’est pas en reste et nous offre un généreux chorus de basse avec les encouragements soutenus du boss.

Avec vingt ans d’histoire il y a des titres qui traversent les albums et les concerts c’est le cas de cet Origines, un instrumental qui nous a été proposé dans une version longue et étirée où chacun a pu se faire plaisir.

Vous l’aurez compris ces six-là avaient une ENORME envie de remonter sur scène et de jouer ensemble après cinq mois de diète. Le grand gagnant a été le public qui a profité de ces moments de partage.

Ont collaboré à cette chronique :

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