(26) DrômeCrest Jazz Vocal

08/08/2020 – Junkyard Crew et Banan’n Jug au « Zèbre sous les platanes » à Crest

Cette deuxième soirée du Zèbre sous les platanes, se déroule toujours sous le signe du port du masque ! Cette contrainte est un peu oubliée lorsque les discussions évoquent le plaisir de se retrouver autour d’un concert. Elle est parfois moquée et tournée en dérision lorsque l’on a du mal à se reconnaître les uns les autres, et cela devient un jeu. Alain Bellon, président du festival, nous présente une soirée avec un thème « classique ». Nous entrons en effet dans le registre du blues et de toutes les musiques de la Nouvelle Orléans.

 

Junkyard Crew est le premier groupe, duo composé de Manouche Fournier alias Nouchmix et de Jean Crozat alias Croznight. On connait le concept d’homme-orchestre avec un seul musicien qui joue de plusieurs instruments en même temps. Nos musiciens tiendraient plutôt du concept de « duo-fanfare » ! En effet, le premier guitariste joue aussi avec ses pieds…sur une grosse caisse. Le second, joue avec toutes ses mains…du sousaphone, de la caisse claire, des percussions diverses et avec ses pieds du charleston (hit-hat de son nom d’origine). C’est Manouche Fournier qui chante la plupart des textes, tandis que Jean Crozat l’accompagne pour les chœurs et chante quelques morceaux. En fins connaisseurs de la culture et de la musique du sud des États-Unis, ils chantent en anglais et en créole. Leur répertoire comprend des chants traditionnels et des standards qu’ils présentent avec beaucoup d’humour et dans un esprit participatif. On écoutera un standard de Robert Johnson et un autre du Duke qui est arrangé façon rap. Ils font participer le public sur un chant de travail traditionnel et le font danser sur un « Cake Walk », ravis de cette animation. Le jeu de guitare slide obtenu avec un bottleneck donne un style bluegrass à certains morceaux. L’apport du sousaphone et les éléments de batterie partagés donnent le ton des « marching-bands ». Les chants créoles nous emmènent dans l’univers cajun (et zydeco pour la version anglaise). L’ensemble du répertoire reflète parfaitement l’ambiance musicale multiculturelle de la Nouvelle-Orleans.

 

C’est avec Banan’n Jug que la soirée se poursuit un peu plus au sud de la Nouvelle-Orléans, dans l’arc des Caraïbes. On retrouve du blues, du gospel et un peu de jazz, mais aussi des musiques traditionnelles des îles et notamment des Bahamas, jouées par ce quartet de filles. Le groupe est composé de Laure Colson au banjo et ukulélé, de Marine Fourest à la contrebasse, de Caroline Sentis à la caisse claire, charleston et kazoo et de Natacha Ghaddar au washboard. Toutes les quatre chantent en leader à tour de rôle selon leurs affinités et leur tessiture. Leurs partenaires les accompagnent pour les chœurs. Selon les morceaux, les chants sont interprété en français, en anglais ou en espagnol. Elles précisent qu’elles arrangent et s’approprient des titres traditionnels de diverses origines. Comme leurs prédécesseurs, elles présentent un répertoire varié avec de nombreuses références sur un ton ludique et badin. Elles ne manquent pas d’humour avec le public qui apprécie leurs plaisanteries. Tandis que le banjo et le washboard nous transportent dans le blues, le ukulélé colore les morceaux traditionnels des Bahamas. Le kazoo en modifiant la voix et en imitant les instruments à vents donne de l’énergie aux titres. La contrebasse et les éléments de batterie joués debout rappellent également l’esprit des fanfares.

Les deux groupes nous font revivre le plaisir de la musique en directe, avec cette soirée à la fois festive, divertissante et pleine de références historiques. Les platanes du Zèbre ont ce soir les racines dans le bayou.

Ont collaboré à cette chronique :

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