(26) DrômeCrest Jazz Vocal

09/08/2020 – Cascino Trio et Matthieu Chazarenc Quartet au « Zèbre sous les platanes » à Crest

C’est à une belle découverte que nous invite le Crest Jazz avec le Cascino Trio emmené par le pianiste marseillais Patrick Cascino qui présente son dernier album « From the inside out ».
Comme pour de nombreux groupes vus ces derniers temps on apprend qu’il s’agit du premier concert du trio depuis le confinement. Patrick Cascino remercie d’emblée les organisateurs et le public pour l’accueil chaleureux qui leur est réservé. « Sans vous nous n’existons pas ».
Salutation minimaliste tout en mesure et concentration.
Le Cascino trio nous plonge immédiatement dans son monde. Un premier morceau tout en équilibre entre un pianiste habité, un contrebassiste légèrement en retrait sur la scène mais très présent et enfin une batterie qui scande, marque, souligne le thème. C’est parti pour un concert de retrouvailles entre les musiciens à nouveau en scène depuis cinq mois d’absence et un public avide de musique et de vie
Après deux jours de jazz qui nous a fait voyager dans différentes contrées jazzistiques, ce soir le Zèbre nous offre un moment de jazz « pur et simple ».
Quelques perles au passage comme ce À fleur de corde composé par le contrebassiste Charly Thomas. Un morceau de soleil aux accents orientalisants.
Puis le pianiste se retrouve seul pour un une composition en hommage à l’un de ses maîtres Eric Satie nommée Satie’s Fashion. Les Gymnopédies ne sont pas loin. Le pianiste s’accompagne de délicates percussions enregistrées.
Le trio se partage les compositions, après celle du contrebassiste nous entendrons un thème calme et délicat du batteur Luca Scalambrino, le plus marseillais des Siciliens.
Ce trio développe au fil du set un univers très impressionniste et très personnel. Le tout est attachant et magnétique.
On passe du soleil de la Méditerranée à celui de l’Argentine
Final sur Dancing finger.
Le public enthousiaste obtient un rappel, un blues énergique et j’entends derrière moi une phrase qui résume bien la tonalité générale de cette première partie « leur plaisir à jouer fait plaisir ».

 

Après la pause nécessaire pour le changement de plateau (et le passage à la buvette), place au Matthieu Chazarenc Quartet.

Changement de style. Le titre de l’album donne d’entrée de jeu l’esprit « Canto » c’est une musique gorgée de soleil et joyeuse. Le choix des instruments accordéon, bugle, contrebasse et batterie n’est pas anodin. Les compositions sont chantantes et même dansante comme cette valse, Mascagne. Le projet évolue bien et passera à nouveau en studio en septembre et nous livre quelques nouveautés comme Azur, un thème délicat qui laisse la part belle à l’accordéon. Nous avions découvert Laurent Derache à ses débuts. Depuis il a fait son chemin et est devenu un accordéoniste demandé. On le comprend bien en le voyant à l’œuvre ce soir.

Ses compères sont eux aussi très reconnus. On ne va pas s’étendre sur Christophe Wallemme une pointure sur son instrument. Il convient de s’attarder sur le bugliste Sylvain Gontard que l’on ne voit pas assez souvent par chez nous et dont les jeux soyeux est ici une pure merveille.

Tout ceci n’existerait pas sans l’initiative du batteur Matthieu Chazarenc que l’on suit depuis plusieurs années comme sideman et qui ici s’est jeté à l’eau pour monter ce premier projet sous son nom. Une réussite.

Le quartet va nous proposer une reprise, une valse de Jo Privat Mystérieuse (que l’on retrouve sur l’abum « Canto »). Comme nous l’explique Matthieu Chazarenc le public français a un rapport inconscient très fort avec l’accordéon et ce jazz un peu « musette » nous touche particulièrement.

On peut être musicien et fine gueule alors Matthieu Chazarenc nous fait part de son amour pour certaines productions locales comme celles de son ami François Villard viticulteur à Saint-Michel-sur-Rhône et nous présente une composition intitulée Les terrasse du Palat, une des étiquettes du viticulteur.

 

On fini avec la Rue Baste (dans le vingtième arrondissement de Paris) « où habite un pote réunionnais qui fait du bon rougaille saucisse » et donc une musique enjouée.

Le rappel se fera sur La bohème et Matthieu de nous rappeler qu’il a eu le bonheur de collaborer avec Charles Aznavour.

 

Pour finir cette dernière chronique du Zèbre sous les platanes, en accord avec mes collègues de Jazz-Rhone-Alpes.com nous tenons à féliciter et à remercier le Crest Jazz pour cette heureuse initiative de trois soirées qui auront embellit cette semaine aoûtienne. Une organisation aux petits oignons avec une technique au son et à la lumière parfaite. La cour de l’école et ses platanes ont été un bel écrin pour ces trois soirées.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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