(74) Haute SavoieImperial

21/08/2020 – Ronald Baker pour le Imperial Annecy Festival

Pour clore en beauté le Impérial Annecy Festival, le programmateur a choisi Ronald Baker trompettiste et chanteur américain qui a déjà derrière lui une  très belle carrière de chef d’orchestre et aussi de sideman, puisqu’il a souvent, entre autres, accompagné Liz Mc Comb, une jolie référence. Pour cette prestation à l’Impérial, il était accompagné par Philippe Martel au piano,  Willie Walsh à la batterie et Malcolm Potter à la contrebasse.

Le set a débuté par Have you met Miss Jones,  le thème est joué à la trompette, tout de suite le plaisir arrive, une sonorité et un jeu comme je les aime, que ça fait plaisir d’écouter ce jazz des années 60  qui a été joué par les plus grands, Chet Baker, Ella Fitzgerald, Art Tatum et tant d’autres.  Le set se poursuit avec une bossa nova, Ceora, le thème exposé à la trompette coule comme une belle rivière,  puis Philippe Martel  se lance dans un solo très bien construit, plein de belles phrases mélodiques. C’est au tour de la trompette d’entrer en jeu, la belle sonorité est totalement en phase avec le style  du morceau, les phrases défilent captant l’oreille de l’auditeur.  Malcolm Potter fait à son tour un beau solo où on sent défiler la mélodie.  Avec Misty, la célèbre ballade d’Erroll  Garner, Ronald Baker s’adresse aux amoureux présents dans la salle. Il chante le début du thème rubato avec beaucoup d’émotions, il fait des variations sur le thème démontrant la très belle maîtrise qu’il a de sa voix.  Le morceau se poursuit par une improvisation à la trompette qui colle parfaitement à l’ambiance de cette ballade. Puis c’est au tour de Philippe Martel de nous emmener pour son  solo dans son univers sonore plein de musicalité.  Le set se poursuit par Don’t get around much anymore le célèbre thème de Duke Ellington, après l’exposition du thème à la voix, Ronald Baker scatte de belle manière,  il profite de sa large tessiture pour  trouver de nouvelles lignes mélodiques.  Puis c’est  There Will Never Be Another You, après l’exposé du thème à la trompette c’est au tour de Malcolm de faire chanter la contrebasse puis à Willie Walsh de faire des 8*8 avec les autres musiciens. Encore un grand standard, Take the A Train, ça balance fort, thème à la voix, Ronald Baker fait des variations sur le thème qui sont  impressionnantes d’aisance et de créativité, le piano nous emmène aussi en voyage, puis Ronald Baker demande au public de participer lui qui ne demandait que ça. C’est au tour du célèbre thème St Thomas qui a beaucoup été joué par Sonny Rollins, un thème difficile et parfaitement exécuté par ce bel orchestre.  Ronald a même fait un solo trompette seule, démontrant la maîtrise totale qu’il a de son instrument. Puis c’est au tour de Willie Walsh de faire un solo sur ce thème, sans jamais beaucoup s’écarter de la mélodie il a enchanté le public avec sa dextérité.  C’est sur un blues que se finit cette prestation avant le rappel, une introduction à la trompette puis à la voix et le blues se déroule, la voix est celle des vrais bluesmen, on sent la tension et l’émotion dans chacune des phrases. Le set se termine sur It’s You Or No One, qui pour  l‘occasion, a été joué sur un tempo up.  Pour ce dernier morceau les musiciens se sont lâchés, nous faisant une démonstration de virtuosité, chacun à leur tour se lançant dans des solos endiablés.

Voilà qui a bien clôturé ce beau festival avec une très belle programmation, même si elle a du être réduite, nous avons vécu avec tous les artistes de très bons moments. Un grand merci au directeur de l’établissement Philippe Gourgaud à toute son équipe, à la sonorisation excellente et aux deux organisateurs Philippe Martel et Kristin Marion. Rendez-vous à l’année prochaine, j’espère sans Coronavirus.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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