(73) SavoieBatÔjazz

28/08/2020 – BatÔjazz au château de Lucey

Au château de Lucey, dans le cadre de BatÔJazz 2020, nous avons eu le plaisir d’entendre Alfio Origlio en version piano solo. Malgré la crise (politico) sanitaire douteuse, mais aux effets bien réels sur le monde de la culture, Alfio a choisi de prolonger une période de solitude contrainte, où l’absence de concerts possibles a été comblée par des « sessions maisons » retransmises et offertes en direct sur Youtube, ce qui lui a donné ensuite l’idée de produire un CD en solo, et de montrer son talent de soliste.

Ce soir donc, et dans la fraîcheur d’une pluie espérée, c’est un piano cristallin, pédale douce et délicatesse du toucher comme à la maison; mais groove éclatant et tempis impeccables comme il sied au jazz et à la scène, nous avons pu entendre quelques thèmes choisis par Alfio. comme Il était une fois la révolution, E lucevan le Stelle (Verdi), La chanson d’Hélène ou encore Textures d’Herbie Hancock, thèmes dans lesquels Alfio n’a plus à démontrer mais faire entendre les passerelles entre Monterverdi et Les Beatles, entre Herbie Hancock et Debussy… Et ses propres compositions qui ne déparent pas d’un iota dans ce florilège, tant la maîtrise technique, la science harmonique, rythmique et mélodiques sont acquises.

Un moment de pure jubilation et d’émotion.

 

La même soirée proposait divers autres artistes. Ainsi le Quartet de M’Scheï réunissait quelques excellents jazzmen, comme Lionel Lamarca au piano ; Christophe Lincontang à la contrebasse ; Pierre-Marie Lapprand au saxophone et effets sonores et le leader Matthieu Scheidecker à la batterie.

Ici c’est à une toute autre esthétique que nous avons affaire. D’emblée la batterie « rock « de Matthieu annonce la couleur: une « Gretsch » n’est pas une « jazzette » mais permet de fournir des tempis solides et appuyés. Pourtant les compositions et le jeu de Matthieu, tout en finesse conduisent à une musique déliée, et précise. Mise en place impeccables, introductions soignées et chorus ou Lionel surtout à l’art de faire monter la tension. Les influences sont évidentes: Aaron Parks, Brian Blade, c’est une autre école. Le public aime, applaudit et bisse. Tout va bien

 

En troisième partie, l’équipe de BatÔjazz proposait le « Trio Klampanis » avec Petros Klampanis à la Contrebasse, Kristjan Randalu au piano et Bodek Janke à la batterie et aux percussions

Il faisait froid, j’avais un autre rendez-vous, j’ai du partir: « tu a raté un des meilleur trio que j’ai jamais entendu, avec un pianiste fantastique, et des compositions splendides du contrebassiste » me dira Alfio

Et ben zut! Zut de zut! Tant pis pour moi!

 

Ont collaboré à cette chronique :

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