(69) RhôneJazz au Moulin

28/08/2020 – One Day’s Quintet de Jazz au Moulin

Jazz au Moulin c’est d’ordinaire un stage de jazz très couru où les places sont chères, cette année, anxiété liée aux news qui nous submergent oblige, de nombreuses défections ont été enregistrées. Et pourtant l’ambiance qui règne parmi les trente-six stagiaires est toujours aussi sympa et Martine et ses deux filles mènent la barque avec une belle énergie et beaucoup de gentillesse.
Les cinq encadrants étant Wilhelm CoppeyChristophe MetraMatthieu Garreau, Maxime Prébet et le petit nouveau Florian Coppey qui est passé du statut d’invité à celui de prof.

La tradition est ce soir respectée avec le concert des profs sous le nom de « One Day’s Quintet ». Concert qui a vécu des rebondissements vu les contraintes sanitaires et les appréhensions du conseil municipal. Mais finalement il a lieu. Ouf !

Sur une idée de Maxime Prébet, les musiciens ont décidé de jouer une fraction du répertoire du saxophoniste Joe Henderson qui nous a quittés il y a presque vingt ans.

Cela commence par un thème très up, bop bien sûr : Black de Cedar Walton, juste histoire de nous mettre au jus. D’emblée de chouettes chorus et de beaux unissons. Christophe Metra a la joie de retrouver le son des applaudissements qu’il n’avait plus entendus depuis le 6 mars. Il savoure.

Changement de registre avec Recorda me qui tire vers la bossa. Les Coppey père et fils nous régalent.

Wilhelm joue le Monsieur Loyal de la soirée et introduit avec un magnifique savoir-faire les morceaux, en les replaçant dans leur contexte et en restituant l’immense musicien qu’était Joe Henderson.

On passe ensuite à une ballade toute douce La mesha, dédiée à « l’ami Stéphane Rivero qui passe des moments difficiles ». Applaudissements nourris.

Ce soir nous avons le plaisir de retrouver ici Maxime Prébet au sax ténor instrument qu’il maîtrise (aussi) très bien avec un supplément d’âme dans ses chorus.

Arrive Inner urge une composition très typique d’Henderson « les fameux majeurs #11 » nous précise Wilhelm.

Fin du premier set sur un premier blues Out of the night, grand écart avec le thème précédent.

 

Le second set reprend dans la même veine avec un Homestretch qui envoie du lourd.

Jinrikisha est encore une composition complexe d’Henderson, probablement un souvenir de voyage en Asie (cela signifie « Pousse Pousse »), deux belles places ont été laissées aux soufflants.

Free wheelin’ de Lee Morgan nous replonge dans du hard bop des grandes années.

Retour à Henderson avec Serenity et un Christophe Metra décidément très en forme, la scène et le public lui manquaient vraiment.

On fini avec Short story de Kenny Dorham

Il y a des connaisseurs dans le public et quand Wilhelm demande quel morceau manquerait pour le rappel ils sont plusieurs à réclamer Blue Bossa, LE tube d’Henderson. Ça tombe bien c’est ce que le quintet avait prévu ! 1963 et pas une ride.

 

 

Pour finir un grand bravo à Michael le responsable du son et de la lumière qui nous a permis d’apprécier ce concert dans d’excellentes conditions tant sonores que visuelles.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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