(42) LoireJazz au Sommet

10/09/2020-Macha Gharibian Trio à Jazz au Sommet

Avec Macha Gharibian c’est une tout autre histoire qui commence, une histoire de voyages dans des paysages musicaux très personnels et très divers. Elle a quelque chose de coltranien cette recherche désespérée d’une vérité absolue, sa propre vérité : désespérée mais surtout animée par un puissant souffle de vie chargé de douceur et de bienveillance. Ça commence avec un thème de jazz très contemporain, ça se poursuit avec Sari Siroun Yar, vieille chanson arménienne empruntée au répertoire de ce cher Dan Gharibian, ça continue avec Fight un titre très funky, groovy, puis arrive Joy Ascension au traitement soul sur un rythme obsédant. Cette ballade chargée d’émotions diverses, on la doit à Macha Gharibian, comme pianiste, comme chanteuse et comme auteure de la plupart des thèmes (hormis Sari Siroun Yar et 50 Ways To Leave Your Lover de Paul Simon), mais également à la rythmique qu’elle s’est choisie : Chris Jennings (déjà la semaine dernière avec Céline Bonacina Trio) dont nous avons déjà dit tout le bien que nous pensions, dans un exercice très différent avec un batteur très différent également ; ces deux concerts à peu de temps d’intervalle donnent une idée de la polyvalence très large de Chris Jennings et de son talent. Quant à Dré Pallemaerts  rien n’existerait de ce que nous avons entendu ce soir sans lui non plus ; ce rythmicien sensible amène avec science et discrétion ses propres couleurs aux paysages. La rencontre entre ces trois musiciens participe des petits miracles dont nous gratifie le jazz parfois : une pianiste, chanteuse et compositrice franco-arménienne, un contrebassiste canadien et un batteur belge : qu’ont-ils en commun ? En fonction de leurs origines et de leurs histoires différentes, chacun a sans doute une vision personnelle de la musique, mais surtout ces trois musiciens, qui n’avaient pas donné ce projet depuis janvier, sont parfaitement complémentaires et leurs qualités poétiques s’additionnent, d’où ce sentiment de perfection et de plénitude que nous avons ressenti pendant et après le concert.

Ont collaboré à cette chronique :

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