(38) IsèreJazz Club de Grenoble

17/09/2020 – Skokiaan Brass Band & Lisa Caldognetto au Jazz Club de Grenoble

C’est l’ouverture de la saison au Jazz Club De Grenoble. nous sommes courageux ou inconscients au Jazz Club, peut être, n’empêche que tous les  bénévoles sont sur le pont pour organiser les entrées  et vérifier que les gestes « barrières » soient bien respectés.

La jauge de la salle a été réduite pour limiter les contacts. Pour avoir  malgré tout la même quantité de spectateurs  il y a eu deux concerts  identiques l’un à 18h et l’autre à 20h.

C’est le Skokiaan Brass Band  qui a été choisi pour faire cette rentrée, leur musique est un très bon remède contre la morosité et l’ambiance anxiogène qui règne actuellement. Je suis sûr qu’on a gagné un paquet d’anticorps à écouter ce concert où tout le monde est reparti avec le sourire.

D’habitude, ils sont douze sur scène mais malheureusement une des deux chanteuses Cindy Pooch était souffrante et donc absente. Nous avions au chant Lisa Caldognetto, aux trompettes Félicien Bouchot, Christophe Metra et Vincent Stephan, aux trombones Pierre Baldy- Moulinier et Jean Crozat, aux percussions Christophe Durand et Philippe Bostvironnois, au sousaphone Christophe Garaboux, au  saxophone baryton Fred Gardette et enfin au saxophone, à la direction et au chant François Rigaldiès, les arrangements étant réalisés par François Rigaldiès et Vincent Stéphan.  

Le Skokiaan Brass Band est une émanation des Brass Band de La Nouvelle Orléans, un orchestre composé de cuivres, de bois et d’une section de percussions. Les musiciens du Skokiaan ont  suivi  plusieurs workshops à la Nouvelle Orléans pour s’imprégner de ce style, le moins que l’on puisse dire c’est que c’est une grande réussite.  La plupart des morceaux qu’ils ont joués font partie de leur dernier CD sorti en Avril » The French Touch ».

Le concert a débuté par Lilly Of The Valley. Tout de suite le public est mis dans l’ambiance, ça swingue ça balance, un gros son avec tous ces soufflants, une rythmique d’enfer avec les deux percussionnistes et le sousaphone, des arrangements d’une très grande richesse et parfaitement exécutés.  Le public n’était pas très nombreux, pour cette première session mais on ne s’en apercevait pas, tant il s’est manifesté dès le premier morceau.  Le second morceau a été J’ai deux amours, un intemporel  qui était chanté par la grande Joséphine Baker. Lisa Caldognetto est alors entrée en scène et a pu magnifiquement l’interpréter avec sa belle voix parfaitement  placée.  Avec Skokiaan, le morceau suivant, nous avons pu apprécier la magnifique prestation de  Christophe Garaboux au sousaphone, qui apporte un soutien sans faille au swing sur ce magnifique arrangement  du Skokiaan Brass Band de ce morceau ramené par Louis Armstrong de Rhodésie.  Le concert s’est poursuivi avec la célèbre chanson des années  50  sur des paroles de Boris Vian, On N’Est Pas Là Pour Se Faire Engueuler, encore superbement chanté par Lisa Caldognetto. Avec Let Your Mind be free chanté par Lisa Caldognetto, les musiciens se sont transformés en chœurs du plus bel effet.  Dans Chickie Wah Wah le chef d’orchestre, saxophoniste compositeur et arrangeur François Rigaldiès nous a fait une belle démonstration de ses  capacités d’improvisateur. Il a su  s’entourer d’excellents musiciens  qui ont tous improvisé brillamment dans les différents morceaux présentés.  Dans le blues Delta Bound, Lisa Caldognetto fait une introduction en duo avec Christophe Garaboux au sousaphone et une trompette en contrechant. Lisa Caldognetto  fait monter la tension, Christophe Metra à la trompette nous y fait un superbe solo tout à fait dans le style, l’émotion est palpable.  Puis c’est au tour de Couleur Café de Serge Gainsbourg d’être interprétée, poussé par l’orchestre le public s’essaye à faire le refrain mais comme pour toutes les chansons  de Gainsbourg ce n’est vraiment pas évident de placer les paroles correctement. Le concert s’est terminé sur Skoki Mojo un morceau anti Covid qui donne la patate comme l’a annoncé fort justement le chef d’orchestre François Rigaldiès, il y chante en duo avec Lisa Caldognetto, le duo de  percussionnistes nous fait un solo  qui ajoute à l’énergie déjà dégagée par ce morceau. Les spectateurs de la première session auraient certainement voulu que cela dure davantage mais malheureusement il a fallu laisser la place aux bénévoles nettoyeurs de chaises et aux spectateurs de la deuxième session qui a été aussi  très réussie.

C’était le pari du Jazz Club De Grenoble que de se lancer vers une réouverture et de faire deux sessions, ce pari est gagné, toutes les précautions ont été prises pour préserver le public et quel plaisir retrouvé nous a donné le Skokiaan Brass Band. Aucun regret d’avoir assisté à ce superbe concert.

Ont collaboré à cette chronique :

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